Comment sont réalisés les sondages ?

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PODCAST -  À l'approche de la présidentielle, les sondages se multiplient. Les médias et les politiques en sont friands, les Français aussi. Ils fluctuent légèrement en fonction des instituts mais comment sont-ils réalisés ? La réponse avec Mathieu Gallard, le directeur de clientèle au sein de Public Affairs chez Ipsos. 

Il faut d'abord sélectionner des gens, « nous avons un panel, on recrute 300 000 personnes qui acceptent de répondre aux sondages » explique Mathieu Gallard. Ils ne sont pas tous contactés à chaque fois : « nous envoyons à un nombre prédestiné de sondés un questionnaire ». L’objectif est de faire en sorte que « l’échantillon soit le plus proche possible de la population française ». Ils sont classés selon plusieurs critères : le sexe, l’âge, la profession, le département ou encore le niveau de diplôme. « Votre vote pour la précédente élection vous est également demandé et entre aussi en compte ». Avant l’élection de François Hollande en 2012, les instituts de sondage interrogeaient les Français par téléphone. Avec l’explosion d’internet et la rapidité de la plateforme, ils ont été obligés de s'adapter très rapidement et ont donc commencé à les réaliser en ligne. L’employé de l’institut Ipsos souhaite cependant éviter tout amalgame : « Un sondage, ce n’est absolument pas une prédiction, mais l’état de l’opinion d’aujourd’hui ».

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Mathieu Gallard, directeur de clientèle au sein de Public Affairs chez Ipsos

Pourquoi faire des sondages ?

Tout d'abord, pour connaître les tendances en vue d'une élection.  Au fur et à mesure du temps,  les français ont commencé à apprécier les sondages car ils reflètent souvent la réalité de l'opinion du pays. Une tendance qui ne surprend pas du tout Mathieu Gallard : « ce n’est pas une nouveauté, c’est le cas depuis pas mal d’années ». Néanmoins, il estime que « certaines chaînes d’information en continu en font trop ». Ces questionnaires restent toutefois beaucoup utilisés au fur et à mesure des années, « il y a toujours l’envie de savoir ce qu’il va se passer, c’est naturel » explique le directeur de clientèle au sein de Public Affairs chez Ipsos. Selon lui, « les débats, les polémiques et les propositions des candidats vont influencer les sondages au fil des mois ».

Est-ce que les sondages influencent réellement l’électorat et la présidentielle ?

Pour Mathieu Gallard, « c’est très compliqué de le savoir, il y a eu de nombreuses recherches sur le sujet ». « Nous ne connaissons pas la proportion de votants à la présidentielle qui utilise les sondages pour déterminer leur vote » ajoute-t-il. Le fait que certaines personnes aillent voter en fonction des résultats dans les sondages ne lui parait pas « illégitime ». Mais, selon lui, une catégorie de personnes ne changera pas ses idées : « ceux qui sont le plus intéressé par la politique et l’actualité sont ceux qui sont le moins enclin à changer d’avis. Ils se fient moins aux sondages ».

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Photos : Unsplash /  Markus Spiske / DR

 

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