Natalia Pouzyreff sur la GPA : "Le moment n’est pas venu" mais "éventuellement plus tard"

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INTERVIEW / PODCAST - Invitée de Fréquence ESJ mardi 8 juin, la députée La République en marche des Yvelines, Natalia Pouzyreff s'est dite ravie de voir bientôt accepté le projet de loi bioéthique, comprenant la PMA. Elle a tenu à réaffirmer les positions du gouvernement contre la GPA, en laissant toutefois la porte ouverte pour les prochaines années.

 

“La GPA (Gestation pour autrui) est interdite en France et elle va le rester”, assène Natalia Pouzyreff. C’est la grande crainte de l’opposition, majoritairement de droite. Celle de la pente glissante, qui commencerait avec l’ouverture de la PMA (Procréation médicalement assistée) à toutes les femmes, pour finir, inexorablement, vers la légalisation de la GPA. “Il se trouve que nous n’avons pas du tout l’intention de légaliser la GPA en France”, explique Natalia Pouzyreff.

"Il faudra (...) se pencher sur la question de la PMA 'éthique'"

Toutefois, la députée ne s’arrête pas là. “J’attire la vigilance de mes compatriotes”, commence-t-elle. “Il faudra sans doute, dans quelques décennies, se pencher sur la question de la PMA 'éthique'. Parce que ces pratiques se passent à l’extérieur de notre pays”. Une déclaration de Natalia Pouzyreff qui détonne du discours habituel de La République en marche et du gouvernement, sans pour autant donner de précision sur ce que serait une GPA “éthique”. Elle tente toutefois de temporiser et rappelle qu’“il n’est en aucun cas l’idée d’autoriser cette pratique en France. Nous pensons que le moment n’est pas venu”. Avant d’ajouter que ce moment "viendra éventuellement plus tard, parce que c’est une question d’éthique et nous sommes contre la marchandisation du corps humain”.

"Il ne faut pas pêcher par excès de conservatisme"

Une opposition de la part des élus Les Républicains a pourtant bien ralenti les débats autour de la bioéthique, donc de la PMA. Deux tiers des 1550 amendements sur ce texte ont été déposés par des députés LR. Un blocage qu’il n’y a plus raison de poursuivre, selon Natalia Pouzyreff. “Il ne faut pas pêcher par excès de conservatisme et encore moins bloquer le travail de la loi”, explique la députée, visiblement agacée par les dernières tentatives de la droite d’entraver l’ouverture de la PMA à toutes les femmes.

Natalia Pouzyreff, consciente que la fin du débat est proche, espère donc conclure “d’ici à la fin de la semaine pour pouvoir effectivement avancer au plus vite et que le gouvernement puisse déclarer le texte valable à l’été”.

"L’enfant issu d’un don [de sperme] pourra connaître ses origines"

Autre spécificité, la révision de l’anonymat pour les donneurs. Que ce soit pour “un couple homosexuel ou hétérosexuel”, détaille Natalia Pouzyreff, l’enfant issu d’un don de sperme, d’embryon ou d’ovocyte pourra, à ses 18 ans, demander l’identité du donneur. “On part sur un nouveau contrat” explique la députée, qui veut, là, donner la possibilité aux enfants à naître de “connaître leurs origines”.

L’absence de père lors d’une PMA, pour deux femmes ou une femme seule, est encore aujourd’hui une grande crainte pour les opposants à ce projet de loi bioéthique. La majorité LREM espère par cette mesure, trouver un terrain d’entente, en donnant aux enfants à naître la possibilité de rencontrer leur géniteur. Une mesure “qui ne s’appliquera pas avant 20 ans”, selon Natalia Pouzyreff. Le temps que les enfants à naître de PMA deviennent majeurs.

Ecoutez l'interview en podcast


 

Photo : Archives Fréquence ESJ - 27/02/2021 - Manon Blangis

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