Philippe Mouiller à propos d’une alliance pour l’élection présidentielle : « C’est hors de question, on ferait mieux de fermer la boutique ! »

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INTERVIEW / VIDEO - Le sénateur Les Républicains Philippe Mouiller, était l’invité, mardi 11 mai, de « 20h, l’invité ». À moins d’un an de l’élection présidentielle et à l’approche des régionales, l’élu des Deux-Sèvres est notamment revenu sur la situation du parti alors que l’affaire Renaud Muselier a entaché la droite traditionnelle. 

« Je ne suis pas en accord avec les positions qu’il a pu avoir pour les élections régionales ». Dès le départ, Philippe Mouiller éclaircit sa position concernant Renaud Muselier, l’actuel président du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur et candidat à sa réélection, qui a ouvert la porte aux candidats de La République en Marche pour le rejoindre. Le sénateur considère que « c'est un jeu dangereux (…) On risque avec ces patouilles internes d’avoir à un moment donné de vraies difficultés avec le Rassemblement National ». Pour l’élu des Deux-Sèvres, « c'était un vrai piège qui était tendu aux Républicains » et il reste « persuadé aujourd’hui que des alliances locales à un moment donné sont possibles, mais dès lors que le Premier ministre fait des annonces, ça devient une position nationale ». Dans la foulée de cet imbroglio, les maires de Nice, Christian Estrosi et de Toulon, Hubert Falco ont claqué la porte des Républicains, des départs qu’il regrette, même s'il espère les voir revenir en tant qu’allié de son parti. La méfiance est donc de mise pour l’élu face à la majorité présidentielle puisqu’il considère que les fusions au premier tour peuvent faire peur aux électeurs, car selon lui, ils ne verraient plus de différences entre les différentes formations politiques et ne viennent plus voter. À l’opposé, pour le second tour, il affirme « je suis de ceux qui pensent qu’il faut faire barrage au Rassemblement National ».

« Le vrai sujet, c’est la capacité à se mobiliser derrière un candidat et un projet »

À un an de l’élection présidentielle, les sondages ne placent aucun candidat Républicains au second tour pour accéder à l’Élysée. Pourtant, Philippe Mouiller y croit encore. Pour l’élu « le vrai sujet, c’est la capacité à se mobiliser derrière un candidat et un projet ». L’union est donc le maître mot, mais pour désigner l’unique candidat du parti, l’ancien maire de Montcoutant ne veut pas de primaire mais souhaite un départage qui ne semble pas encore aujourd’hui très clair,. Pour lui, les élections régionales semblent être l’indicateur principal. Ce scrutin s’avère donc plus que jamais capital pour Valérie Pécresse et Xavier Bertrand, candidat respectivement en Ile-de-France et dans les Hauts-de-France. En cas de mauvaise dynamique, Philippe Mouiller, le conseiller politique de Valérie Pécresse au sein du mouvement « Libre! », et donc supporter de l’ancienne ministre du Budget rejette une alliance dès le premier tour avec une autre force politique, « c’est hors de question, dans ce cas-là, on ferait mieux de fermer la boutique ! ». Il affirme quitter Les Républicains en cas de ralliement au Rassemblement National, mais s’avère plus mesuré si c’est avec La République En Marche, se disant « plus ouvert parce que c’est un parti républicain ». 

« Qui croit qu’Emmanuel Macron a l’intention de faire un référendum  à quelques mois de l’élection présidentielle ? »

Ces dernières semaines, les sénateurs ont examiné la proposition d’inscrire la défense de l’environnement dans la Constitution comme proposé par le Convention Citoyenne pour le Climat. La majorité sénatoriale a remanié le texte censé garantir la préservation de l’environnement en modifiant la sémantique du texte en privilégiant le terme de « préservation », car pour Philippe Mouiller, il faut partir d’un état initial qu’il faut au minimum conserver, voire améliorer. Le chef de file des Républicains au Sénat, Bruno Retailleau, y voit l’introduction du « virus de la décroissance dans la Constitution ». Sur cette formulation, l’ancien conseiller régional du Poitou-Charentes déclare « je serai plus modéré dans mes propos, mais il y a un vrai risque » même s'il n’est pas certain que la mesure aurait un réel impact sur l’environnement. Pourtant, il considère que la priorité est de garantir un cadre juridique qui permette de garantir la croissance de la France, « là, c’est un enjeu de Constitution, pas de politique générale. C’est-à-dire que là vous êtes capable de tout bloquer ! (…) De nouveau, c’est un piège politique ! En disant « vous refusez de modifier la Constitution comme on le souhaite, ou alors vous êtes contre l’écologie. » Pour ce faire, il préconise de développer en parallèle des politiques ambitieuses en matière d’écologie. Il considère que Les Républicains sont capables de protéger l’écologie et l’économie en même temps en faisant des propositions autour de l’économie circulaire, du recyclage, des politiques énergétiques et de la rénovation énergétique. Pour trancher la question de cette inscription de l’environnement dans la Constitution, le gouvernement évoque la possibilité d’un referendum pour trancher, mais le sénateur des Deux-Sèvres est catégorique, « qui croit qu’Emmanuel Macron a l’intention de faire un référendum  à quelques mois de l’élection présidentielle ? ». Selon lui, il ne s’agit que d’une énième opération de communication de la part de la majorité présidentielle. 

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Photo : Manon Blangis / Fréquence ESJ

 

 

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