France Soir : premiers licenciements la veille de Noël

La direction enverra les premières lettres de licenciements vendredi 23 décembreFrance Soir. Le siège du quotidien quittera l'avenue des Champs-Elysées pour aller s'installer à Issy-les-Moulineaux (Haut-de-Seine). Une douloureuse surprise, la veille de Noël, pour les employés de France Soir.

Cette annonce intervient moins d'une semaine après la dernière édition papier de France soir, mercredi 14 décembre. Après le saccage des locaux par des militants CGT la veille pour empêcher la tenue d'un comité d'entreprise extraordinaire qui devait entériner la fin de la version imprimée du journal.

87 personnes sont licenciés

"Le déménagement va se faire au plus vite, selon la direction", a déclaré l'AFP Stéphane Paturey, secrétaire du Comité d'entreprise du quotidien. Il s'est exprimé après un comité d'entreprise extraordinaire sur le plan de sauvegarde de l'emploi et la réorganisation du quotidien.

France Soir avait déménagé sur les Champs-Elysées en 2009, lors de son rachat par l'homme d'affaires russe Alexandre Pougachev.

Au cours de ce comité d'entreprise extraordinaire, qui aurait duré près de cinq heures, la direction a affirmé que les lettres de licenciement seront envoyées vendredi 23 décembre ou lundi 26 décembre prochain.

Ces licenciements concerneront 87 personnes sur un total de 111 salariés actuellement, selon la direction. Les syndicats affirment que 131 salariés recevront une lettre de licenciement.

"On sait grosso modo que les rédacteurs seront épargnés. Les reporters et grands reporters seront soumis à un reclassement interne et verront leur salaire baisser", a expliqué Stéphane Paturey.

Au total, ce sont 32 postes de journalistes qui seront conservés, sur 43 actuellement. A l'inverse, les secrétaires de rédaction, photographes, correcteurs, iconographes et les techniciens seront licenciés. Coté administration, neuf postes sur vingt sont conservés.

Christiane Vulvert au secours de France Soir

L'ancienne directrice de France Soir, limogée par Alexander Pougachev en 2009, estime avoir un plan pour garder une version papier du journal. "j'ai un plan de reprise tout prêt, mais cela ne dépend pas de moi. La problématique aujourd'hui c'est que M. Pougachev est propriétaire du titre et que c'est lui qui fait ce qu'il en veut, même si je trouve regrettable l'abandon du papier"

"Le seul moment où je pourrais faire quelque chose, c'est s'il y avait une liquidation de France Soir. Je serais présente pour la reprise", a-t-elle affirmé.

Christiane Vulvert propose que l'homme d'affaire russe "purge toutes les dettes de France Soir", mais il ne veut pas en entendre parler. L'ancienne directrice est prête à mettre 10 millions d'euros pour maintenir la version papier et le site internet. Selon elle, ce plan permettrait "d'arriver à équilibrer les comptes".

"La direction veut passer en force, mais nous voulons savoir si le plan de Christiane Vulvert est viable", a cependant déclaré Stéphane Paturey.

Mardi 20 décembre, des employés de France Soir vont distribuer sur l'avenue des Champs-Elysées un "numéro spécial", titré "France-Soir doit vivre!".

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