Geneviève de Fontenay: "Je ne suis pas encore enterrée !"

Geneviève de FontenayINTERVIEW - Lundi se tenait au Press Club de France (Paris XVe) le prix "Humour et Politique" qui récompense les phrases les plus drôles prononcées par nos hommes et femmes politiques. Pour son 10ème anniversaire, le Press Club de France a fait venir de nombreux invités prestigieux, dont Geneviève de Fontenay. L'occasion pour Fréquence ESJ de lui poser quelques questions.

Fréquence ESJ: Est-ce important pour vous d'être là ce soir?  

Geneviève de Fontenay: Vous savez, j'ai toujours pensé que sans les médias, je n'existerais pas. Aujourd'hui, on est obligés de passer par les médias, pour le meilleur comme pour le pire. Moi je n'ai pas à me plaindre, c'est plutôt pour le meilleur. Dans cette assemblée, il y a beaucoup de gens que je connais et j'aime venir ici. Il fallait que je montre que j'étais encore bien là et que je n'étais pas encore enterrée !  

Vous qui avez un recul sur la télévion et ses évolutions, pensez-vous qu'aujourd'hui il y a moins d'humour, ou que les émissions sont peut-être plus formatées qu'à une époque?

Moi vous savez, j'ai connu le noir et blanc ! C'est vrai qu'il y avait de belles émissions et une qualité. Maintenant il y a beaucoup de vulgarités, de laisser aller, il y a des programmes violents, sur TF1 par exemple. Après on s'étonne que les jeunes font ce qu'ils voient ! Les Experts, c'est violent. On cultive un terrain dans lequel certains jeunes sont livrés à eux-mêmes, ceux qui ont un sac de son à la place du cerveau comme on dit. On leur donne des vidéos avec des mises à mort virtuelles ! Ils viennent dire "viens que j'te plante" avec un couteau. La mort ils ne savent pas ce que c'est. Il faut interdire ces spectacles violents. Comment on laisse un gosse à 12 ans voir des films porno ? Après il dit à sa copine "viens que j'te nique" ! Comment on peut accepter ça ? Ils n'ont plus idée de rien, de l'amour, de la mort ! C'est le néant avec des conséquences dramatiques. 

Pensez-vous que les politiques pourraient agir contre ces contenus violents?

Je me demande si les politiques sont dans les réalités. J'ai toujours voté à gauche, sauf Chirac pour ne pas voter Le Pen. Je m'aperçois qu'ils sont là complètement à côté de la plaque. Est-ce que quand on a le pouvoir il y a un rideau? Je suis affligée de voir qu'il y a des problèmes de premier plan comme les gens de Florange qu'on a mené en bateau. Comment voulez-vous qu'il n'y ait pas de chômage? Il y aura aussi de moins en moins de pouvoir d'achat, jusqu'au jour où il y aura une révolution. Il y a des riches, très riches, et des pauvres, de plus en plus pauvres.

 

(Photo par Camille Caylou)

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