La presse, "une affaire à suivre"

 

La presse est à la Une depuis le 11 avril et jusqu’au 15 juillet 2012 à la BnF. L’exposition retrace la périlleuse histoire du journalisme de manière chronologique , entre temps forts et déclins, à travers ses quêtes de mutations. 

Intitulée " La presse à la Une, de la Gazette à Internet ", la Bibliothèque nationale de France a rassemblé tous les titres de la presse française depuis ses origines. De la création du support imprimé, avec la naissance de la presse en France en 1631 en passant par la liberté d’expression et d’opinion, mais aussi la révolution, la caricature, la presse républicaine et le contrôle de l’opinion. L’exposition montre tout l’intérêt de la presse, véritable pouvoir dans notre société. Le Petit Journal tire à 220 000 exemplaires en 1872, à 700 000 en 1882. La presse atteint son âge d’or et le journal devient un véritable objet de consommation courante. C’est le temps des crieurs de rue, de la naissance de l’interview. Elle sait aussi se reconstruire, notamment après la Seconde Guerre mondiale où elle était privée de liberté d’expression voire corrompue ou interdite dans les régimes totalitaires. 

La presse est une arme, parfois fatale puisqu’elle a valu la mort de certains de ses défenseurs. Jacques-René Hébert, fondateur du Père Duchesne, hostile au roi jusqu’en 1792 et porte-parole des sans-culottes est exécuté en 1794. 

Garante de la mémoire collective 

Le " J’accuse ! " du 13 janvier 1898 d’Emile Zola dans le journal L’Aurore, les reportages photographiques du Miroir pendant le conflit de 1914-1918, le titre " Il n’y a pas de censure en France " de Charlie hebdo paru le 23 novembre 1970, la photo sans titre du World Trade Center qui fait la Une de Libération le lendemain des attentats de 2001, mais aussi les reportages de certains magazines féminins comme le Elle (reportage sur la vie de séropositifs dans le monde en 2009). La presse informe et marque les esprits. Elle peut être le symbole des évènements passés et la garante de la mémoire collective. Les premiers journaux intègrent l’histoire de la presse, ils sont aujourd’hui considérés comme de vrais écrits historiques. Ils sont rares et de grande valeur. 

La BnF consacre 70 portraits aux grands chroniqueurs et éditorialistes: Charles Louis Havas, Henri Rochefort, Robert Brasillac, Pierre Lazareff, Hubert Beuve-Méry, Jacques Fauvet, François Mauriac,  Pierre Brisson, Françoise Giroud…

 

La presse survit 

L’exposition invite les visiteurs dans un réel voyage à travers le temps et l’évolution de la presse. Les enjeux, les démarches entreprises, l’ensemble de l’univers journalistique sont à y découvrir. C’est un message positif que la Bnf offre, en pleine mouvance et permutation : non, la presse n’est pas morte. Internet s’invite depuis plus de dix, quotidiennement, dans les foyers français. Même si la presse se dit régulièrement " malade ", elle sait s’adapter aux contraintes du marché. Les histoires ne sont pas en manque, mais comment nos journalistes de demain allieront production de récits à , plus communément dit, nécessités vitales. L’heure est de plus en plus à l’indépendance, mais le rôle du journaliste se doit d’être renforcé : il donne un sens à l’amas constant d’information. 

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