Bartali, l’homme de l’ombre

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bartali ginoTant dans sa carrière professionnelle que dans sa vie privée, Gino Bartali n’a jamais eu la reconnaissance qu’il méritait. Un palmarès cycliste tronqué par la Seconde Guerre mondiale couplé à  la révélation posthume de son rôle tenu pendant l’holocauste font de « l’intramontabile » un dignitaire étincelant. De « Gino le Pieux » à « Gino le Juste », éclairage sur un personnage aussi bien énigmatique que charismatique.

Grâce aux investigations diligentées par son propre fils, Andrea, il a été démontré que Gino Bartali aurait participé à la résistance durant le second conflit mondial. Très croyant, l’italien remplissait durant les courses ses bidons d’eau bénite. Pendant la guerre, il dissimulait des documents (faux papiers) sous sa scelle ou dans le cadre de son vélo. Ce faisant, il aurait permis à plus de 800 juifs de pouvoir quitter le pays sous prépotence fasciste. Décédé en 2000, jamais il n’avait tenu à rendre publique sa bravoure passée. « Le bien, c’est quelque chose que tu fais, pas quelque chose dont tu parles. Certaines médailles sont accrochées à ton âme, pas sur ton blouson » témoignait le natif de Ponte a Ema. Le florentin bénéficiait d’un aura et d’une réputation sans égal côté transalpin ce qui lui permettait d’éviter certains contrôles.

UN HÉROS, UN PALMARÈS, UN TALENT

465894960-gino-10000-jpgCar Gino Bartali fait parti des légendes du cyclisme à qui la Seconde Guerre mondiale lui a fait perdre le statut de mythe. Premier cycliste à avoir exalté la ferveur italienne, le toscan, toujours une cigarette à la bouche, ne laissait pas de marbre. Disputes, cohues, bousculades entouraient chacun de ses passages dans les Alpes. Vainqueur du Tour d’Italie en 1936 et 1937, il remporte pour la première fois la Grande Boucle l’année suivante. Au sommet de son art, la Guerre totale l’a privé du palmarès auquel il aurait pu aspirer. Intouchable, il ravira un nouveau Giro en 46 avant un dernier sacre sur le Tour de France un an plus tard. Le poids des années ne lui permettra pas de contester l’éveil de son grand rival, Fausto Coppi.

Si l’embrasement de l’Europe n’ a pas permis au transalpin de fleurir un palmarès au niveau de son talent, cet épisode trouble de l’histoire aura permis au monde [bien trop tard certes] de découvrir la vrai face de ce héros des temps modernes.  En reconnaissance de ces actes chevaleresques, Bartali devrait être déclaré « juste parmi les nations » par l’état d’Israël. Nul doute désormais que pour cet oublié de l’histoire, cette épopée laissera une trace indélébile éternellement gravée dans les mémoires collectives. 

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