Affaire Contador : les raisons de la colère

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contadorDeux ans de suspension, une victoire sur le Tour de France 2010 annulée, Alberto Contador est en pleine tourmente. Mais plutôt que de sombrer dans une grande dépression, le madrilène clame haut et fort son innocence, soutenu par tout un pays. Intégrité, injustice ? A vous d'en juger !

Il est midi à Lausanne quand la nouvelle tombe. Alberto Contador, star parmi les stars du peloton se voit infliger la peine la plus sévère qui soit. Une suspension de 2 ans avec effet rétroactif, un palmarès retiré sur cette période incluant son Tour 2010 et son Giro 2011. La sanction ne passe pas de l'autre côté des Pyrénées. Rafael Nadal en personne a réagi sur les réseaux sociaux « Il n'y  pas de preuve absolue et ils lui infligent la sanction la plus dure... LAMENTABLE... »

Oscar Pereiro, vainqueur du Tour 2006 pousse encore plus loin la polémique en affirmant: « Deux ans de suspension pour Alberto Contador et le jugement dit que le dopage n'est pas prouvé. Fils de ... », avant d'ajouter « Nous avons maintenant deux champions espagnols sanctionnés sans que l'UCI ou le TAS n’apportent la preuve qu'ils se soient dopés » en faisant référence à Alejandro Valverde. Un climat de paranoïa ambiant s'est donc installé côté ibérique: l'Espagne contre le reste du monde.

 

Mais pour expliquer cette vague de déferlement médiatique, il faut revenir en profondeur sur les façades obscures de l'affaire. Certes la défense de Contador peut prêter à sourire. Une absorption d'une viande contaminée serait à l'origine de traces de clenbutérol retrouvées dans ses urines. Le hasard ayant fait que seul l'espagnol aurait absorbé cette viande. Oui mais ! Les traces d'anabolisant  sont tellement infimes que l'hypothèse d'une transfusion sanguine a été écartée par le Tribunal Arbitral du Sport. Ainsi l’instance de jugement a retenu « la vraisemblance » d’un autre postulat pour condamner le coureur espagnol. De facto, le caractère flou de cette décision interroge.

 

Présumé coupable

 

article 0702-SPO-CONTADOR1Ce matin, l'ancien médecin du Tour de France, Jean-Pierre de Mondenard, a livré son analyse sur l'affaire Contador. « Si des traces de clenbutérol ont bien été retrouvées dans l'urine, les quantités détectées étaient infimes voir dérisoires et l'éventualité d'une contamination involontaire n'est donc pas à exclure et apparaît beaucoup plus crédible que beaucoup l'ont laissé entende ». De plus, toujours selon les propos du médecin, le contrôle étant intervenu un jour de repos il n'y avait aucun intérêt pour le cycliste de prendre ce produit dopant ce jour là car « le clenbutérol ne fonctionne que le jour d'absorption et si le TAS accrédite que le coureur s'est dopé volontairement ce jour là, il faut en déduire que Contador souffre de débilité mentale. »  Un discours qui remet en cause la décision des hautes instances juridiques du cyclisme.

 

Enfin, sans dire que l'espagnol est innocent les différentes réactions du peloton laissent perplexe. « Un jour triste pour le vélo » se confiait Andy Schleck. Pour Eddy Mercks, quintuple vainqueur du Tour, la sanction est à peine croyable. « La peine est disproportionnée par rapport à la dose trouvée. C’est comme si on voulait tuer le vélo. Je suis dégouté. » Cette affaire met donc en exergue le malaise omniprésent dans le microcosme du vélo où le dopage à faible dose à toujours fait partie du jeu.

 

Une seule chose est certaine dans cette affaire. Le tribunal a rendu sa décision et celle ci s'appliquera jusqu'au 5 août prochain. L'espagnol a affirmé vouloir continuer à courir et à gagner proprement. Un retour à la compétition qui coïncidera avec le début du Tour d’Espagne. Une opportunité pour « el Pistolero » de glaner une deuxième Vuelta et de prouver qu’il est le plus grand coureur actuellement dans le peloton. 

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