Younous Omarjee : "Jamais nous n'avions eu une gauche qui fait à ce point des propositions de droite"

younous-omarjee-2017-photo-fesj-lucas-pierre.png

INTERVIEW/AUDIO - Mardi 31 janvier, sur Fréquence ESJ et Air Show, l’émission « 2017 l’invité » a reçu Younous Omarjee. Soutien de Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle, il est député européen depuis 2012 sur la liste "Union pour les outremers".

Entre deux séances au Parlement européen, le député réunionnais Younous Omarjee a fait étape dans les studios de Fréquence ESJ et Air Show. L’occasion pour lui de rappeler son soutien à Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle. Le député européen reconnaît la solidité du programme du candidat du Front de gauche même s’il avoue être ravi de la victoire de Benoît Hamon qui, au sein du PS, est celui qui a les valeurs les plus proches de celles qu’il défend. Des valeurs qui sont en fait « des idées de la vraie gauche, cette vraie gauche qui a été méprisée par François Hollande et Manuel Valls ».

En ce qui concerne les députés qui ont décidé de soutenir Emmanuel Macron plutôt que Benoît Hamon, Younous Omarjee n’hésite pas à les qualifier « d’armée mexicaine ». « Nous savions que le PS n’était plus socialiste et bien nous découvrons aujourd’hui qu’il n’est plus un parti. » Cela représente même à ses yeux un aveu « que ces personnes font la promotion de politiques libérales ».

C’est d’ailleurs selon lui pour sanctionner la politique menée par le président de la République et son ancien Premier ministre que certains électeurs ont voté pour Benoît Hamon.

« Les français sont profondément choqués et le discrédit vis-à-vis de la classe politique est très important. »

François Fillon doit-il laisser sa place suite aux révélations du Canard enchainé ? Si Younous Omarjee ne se prononce pas directement sur cette question et préfère renvoyer à l’enquête en cours, il constate tout de même un important malaise chez les Républicains et remarque que la primaire n’a pas qualifié le meilleur des candidats. « François Fillon devrait dire aux français qu’il regrette d’avoir recruté son épouse et de lui avoir versé 900 000 euros. »

Le député européen estime possible que François Fillon soit mis en examen avant l’élection présidentielle. Il regrette également le discrédit jeté sur l’ensemble de la classe politique à cause de cette affaire et l’image de la France dans le monde : « François Fillon doit tirer toutes les conséquences de la sidération dans le pays. »

« Le Brexit peut être le début de la fin de l’Europe » 

A l’international Younous Omarjee regarde avec inquiétude le Brexit qui pourrait conduire à une dislocation de l’Europe, mais n’est pas pour autant partisan d’un Brexit dur : « nous ne devons pas faire payer aux britanniques. »

Il comprend cependant le désamour d’une partie des citoyens vis-à-vis de la construction européenne qui se fait à marche forcée contre les peuples et sans produire les résultats attendus notamment sur le plan économique : « les concessions de souveraineté sont acceptées dans la mesure où elles permettent des retours positifs dans les États membres. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. »

Younous Omarjee rappelle qu’il est un européen convaincu et que l’Europe doit renouer avec sa vocation sous peine de laisser la place aux populistes comme Marine Le Pen, même s’il ne croit pas qu’elle puisse être élue présidente de la République. « Je crois vraiment qu’il y a un front humaniste en France ». Il rappelle cependant qu’il faut prendre la mesure des menaces et des évolutions dans l’Union européenne pour pouvoir en tirer toutes les conséquences.

Photo Fréquence ESJ/Lucas Pierre

PODCAST


Derniers articles

Dernières vidéos