• Slide FESJ 2015
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Souvenez-vous, 1983. La France est en pleine mutation sociale et économique. Les immigrés du continent africain sont alors pointés du doigt par Jean-Marie Le Pen, le président de FN. Des dizaines de crimes racistes secouent la France. Une marche pour l’égalité et contre le racisme, dont est inspiré le film La Marche de Nabil Ben Yadir sorti ce mercredi, est lancée. Dans la foulée, un certain Harlem Désir. Il avait tout juste crée l’association SOS Racisme. 30 ans plus tard, après les «guenons» et les «bananes» adressées à la garde des Sceaux, la guyanaise Christiane Taubira, ce même Harlem Désir, reprend le combat.

Christiane TaubiraCe ne sont pas les chants religieux de Civitas à l’entrée de la Mutualité de Paris ou la horde de vigiles s’occupant des trublions réclamant la démission de Christiane Taubira qui entravera le Premier secrétaire du Parti socialiste d’embraser une salle au deux-tiers remplie. Un discours où il est demandé «d’assumer d’être de gauche» appellant celle-ci à «porter une nouvelle offensive républicaine». «La République souffre quand les discriminations touchent des millions de citoyen français en raison de leur couleur, de leur handicape ou du lieu où ils vivent», lance Harlem Désir.

Le FN "obsédé de l'ethnie"

Sous un tonnerre d’applaudissements et sans note, Christiane Taubira fait une entrée remarquée. Dans un registre lyrique, elle accorde deux minutes aux «racistes, xénophobes et antisémites» qui «défont la France». Elle accorde une importance capitale à l’école : «le plus grand, le plus beau et l’éternel cadeau de la République». La garde des Sceaux s’adresse au Front national, traité «d’égoïste compulsif» et «d’obsédé de l’ethnie». Elle leur reproche de «vilipender les apparences» et de croire ce qu’ils imaginent. Christiane Taubira affirme qu’elle continuera à leur barrer la route. «Ils croient défaire la France, mais nous sommes la France», dit l'ancienne candidate à l'élection présidentielle.

Après une succession de discours des membres de la majorité, du MRC à EELV en passant par le MUP de Robert Hue, de la société civile avec les interventions de Caroline Fourest ou encore de Thibault Poirot, professeur qui s’était offusqué devant les caméras des sifflets du 11 novembre envers François Hollande, Manuel Valls, monte sur scène. Dans un discours très offensif, il y apporte son soutien à Christiane Taubira, affirme qu’il est celui qui connaît depuis 18 mois «la vraie Christiane Taubira», qu’ils sont dans ce gouvernement pour «se battre pour des valeurs fortes de la République». Ces valeurs qui sont bafouées par Marine Le Pen et son parti, qu’il ne considère pas comme «un parti comme les autres». Le ministre de l'Intérieur ajoute : «Malgré ce que disent les gazettes, nous formons un beau couple».

Déchainé, le ministre le plus populaire du gouvernement continu de s'en prendre aux groupes fascistes. «Ils n’ont pas leur place dans cette République» ajoute-il, et de réaffirmer que Marine Le Pen «n'aime pas la France». Souvent considéré comme étant plus de droite que le reste de la majorité, Manuel Valls réaffirme sa fierté d'appartenir au PS : «la laïcité c’est notre histoire, ce mot n’appartient pas l’extrême droite, mais appartient à la gauche». Puis vient le tour de Vincent Peillon, pour clôre le meeting : «Il faut mettre la République dans le socialisme et le socialisme dans la République».

Reportage : Edwing Elice.

Photos : Arthur Perrot. 

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