Quand Jean-François Copé estime que le vote FN favorise le PS

Écrit par Tristan QUINAULT MAUPOIL.


Jean-François Copé (photo Tristan Quinault Maupoil)

Dans une interview au Figaro, le patron de l’UMP affirme que « voter FN c’est favoriser la gauche ». Qu'en est-il vraiment ? Fréquence ESJ tente de répondre à la question… 

« Je peux comprendre que beaucoup de Français, très préoccupés par les effets de la crise sur l'emploi ou le pouvoir d'achat, exaspérés par des situations d'insécurité ou inquiets de la montée de comportements d'intégristes islamistes, soient tentés par les sirènes du Front national » admet Jean-François Copé. « Mais il faut comprendre que voter pour le FN aura pour effet mécanique de favoriser la gauche » promet le Secrétaire Général du mouvement présidentiel.

Hors, selon lui, la gauche « ne veut pas réduire les déficits mais augmenter les impôts, qui veut abroger notre législation sur les peines planchers et les mineurs multirécidivistes, qui n'a pas voté la loi contre la burqa et qui promet le droit de vote aux étrangers pour favoriser le vote communautaire » souligne le député-maire de Meaux.

« Autant d'idées qui sont à l'exact opposé de ce que veulent les Français tentés de voter pour Marine Le Pen qu'ils aient bien tout cela en tête » souligne-t-il sous forme de mise en garde.

Dans une logique de premier tour, avec un scénario du type « 21 avril », il est vrai que la candidate du FN prend plus de voix à l’UMP qu’au PS. Ainsi selon un sondage datant de décembre, réalisé par OpinionWay pour LCI et Le Figaro, 9% des électeurs qui ont voté pour Nicolas Sarkozy au premier tour de l’élection de 2007 voteront Marine Le Pen en avril 2012. Chez les socialistes, ils sont 5% à partir vers le FN. Marine Le Pen lors du marché de Noël des Champs Elysées (photo Tristan Quinault Maupoil)

En reprenant le taux de participation de 2007, il s’agirait de plus d’un million d’électeurs UMP et près de 500.000 du PS qui partiraient vers le FN lors de la prochaine élection présidentielle.

Toutefois l’élection présidentielle se joue au second tour et les reports de voix sont nettement plus à l’avantage de l’UMP. 28% des électeurs de Marine Le Pen voteraient pour Nicolas Sarkozy au second tour contre 23% pour François Hollande, selon le même sondage OpinionWay

Selon un sondage Ipsos / Dell pour France 2 et Europe 1, réalisé à la sortie des urnes à l’issue du second tour du 6 mai 2007, on apprend que 63% des électeurs de Jean-Marie Le Pen avaient voté pour Nicolas Sarkozy, 20% s’étaient abstenus et 12% avaient voté pour Ségolène Royal. Le FN représente donc un bel apport de voix pour le second tour. On notera que contrairement aux élections locales, une triangulaire (présence de trois candidats au second tour) est interdite.

D’une manière générale, les électeurs frontistes votent majoritairement pour le candidat de la droite républicaine. Cependant le coup de force de Nicolas Sarkozy lors de l’élection de 2007 a changé la donne. Sentiment d’être floué chez beaucoup d’électeurs frontistes, Nicolas Sarkozy a déçu l’électorat le plus extrême.

Autant le vote FN est un danger pour l’UMP lors des élections locales car les triangulaires empêchent le report des voix, autant le vote FN lors d’une élection présidentielle ne devrait pas être catastrophique pour l’UMP sauf en cas d’incertitude sur la nomination du candidat UMP pour le second tour. François Hollande au second tour face à Marine Le Pen serait alors quasi-certain d’être élu.

Un tel scénario serait un énorme désaveu pour toute la politique menée depuis 2007 par Nicolas Sarkozy. Finalement, c’est peut être ce dont a peur l’UMP. 

Tristan QUINAULT MAUPOILJournaliste

Rédacteur en chef de Fréquence ESJ

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