L’UMP vent debout contre François Hollande

Écrit par Tristan QUINAULT MAUPOIL.


François Hollande lors d'un meeting à Paris en octobre 2011 (photo Tristan Quinault Maupoil)Après l’interview de François Hollande au journal de 20h de France 2, l’UMP a multiplié les communiqués de presse contre le candidat socialiste. Tous les responsables du parti présidentiel se sont lancés dans un florilège d’attaques. 

 

Ce devait être la journée de la reconquête pour François Hollande. Terminés les désaccords avec les verts, endiguées les mésententes avec le parti, fin des hésitations. François Hollande se sent prêt. 

Avec sa lettre aux français, la une de Libération et son nouveau slogan (Le changement c’est maintenant), le candidat socialiste veut tourner la page d’une fin d’année 2011 difficile pour sa candidature. 

Mais la majorité est décidée à ne pas laisser François Hollande réaliser son come back. Hier soir, ce sont plus d’une dizaine de communiqués de presse qui sont arrivés dans les boites mails des journalistes. 

Ainsi, seulement quelques minutes après l’intervention de François Hollande, la députée Valérie Rosso-Debord a commenté à sa manière: «Pourquoi le candidat socialiste est allé à la télévision ce soir ?» se demande l’élue de Meurthe-et-Moselle. « Celles et ceux qui n'auraient pas regardé son intervention pourraient légitimement penser pour évoquer la dette, parler de l'état des finances publiques  ou encore pour envisager  la place et le rôle de l'Europe dans la crise. D'autres encore penseront sûrement qu'il est venu présenter ses axes forts de réflexions pour la France et les Français, après 9 années d'opposition nationale, 3 mois de primaires socialiste et un projet a 255 milliards d'endettement adopté à l'unanimité en juillet dernier il y avait forcément de la matière » note-t-elle avant de répondre à sa propre question: «Et bien que neni. Monsieur le candidat du PS est venu faire de l'anti-sarkozysme primaire en accélérant l'agressivité certainement pour tenter de faire oublier son absence indigente d'idées ou de projets » estime la députée proche de Jean-François Copé. 

Au gouvernement, c’est le Ministre Thierry Mariani qui a estimé qu’il s’agissait hier d’une journée « où tout a buggé » pour François Hollande. « La campagne du candidat socialiste semble bugger jour après jour. Comme dans les jeux vidéo, son personnage rétrécit au fur et à mesure qu’il perd de l’énergie. Comme il ne peut pas compter sur ses amis les éléphants socialistes, bien peu pressés de le soutenir, il risque bientôt d’atteindre le bugg final, le game over » ironise le Ministre des transports, fer de lance de la droite populaire. Plusieurs responsables politiques de l'UMP lors d'un pic-nique francilien (photo: Tristan Quinault Maupoil)

« Quand on affirme haut et fort vouloir redresser la France avec deux pleines pages dans un journal, encore faut-il le prouver par des propositions concrètes et s'en donner les moyens » lance Franck Riester, député de Seine et Marne. « Les français se rendent compte chaque jour du décalage croissant entre un candidat qui critique, ne propose rien et finalement s'essouffle, et un Chef de l'Etat entièrement consacré à protéger les français dans cette crise historique » estime cet élu qui jouera un rôle important dans la campagne de Nicolas Sarkozy. 

Nicolas Sarkozy, « un sale mec » 

Notons tout de même que François Hollande a précisé qu’il donnerait les grandes lignes de son projet à la fin du mois, dans le cadre d’un « meeting fondateur ». Quoi qu’il en soit, l’UMP a cette avance sur le PS : le savoir faire pour chasser en meute. 
Le parti présidentiel l’a de nouveau prouvé ce matin. Dans Le Parisien, François Hollande qualifie (en off) le Président de la République de « sale mec ». Un adjectif qui a hérissé les poils des responsables de l’UMP qui demandent des excuses au candidat socialiste. 

« Je condamne avec la plus grande fermeté le dernier dérapage de François Hollande rapporté par le journal Le Parisien. En traitant le Président de la République de « sale mec », le candidat socialiste est insultant et fait tomber la campagne présidentielle dans le caniveau » s’emporte Franck Riester dans un nouveau communiqué. 

« Au lieu de mener une campagne de caniveau, le candidat François Hollande devrait faire des propositions pour la France. Mais il est vrai, qu’à la suite de ses multiples renoncements et reniements, il n’en a toujours aucune » s’exclame le secrétaire national Bruno Beschizza.

Mercredi en fin de d'après midi, François Hollande a réagi sur Twitter: «ça suffit les polémiques organisées chaque jour» a-t-il déclaré en réponse à l'article du Parisien. 

Tristan QUINAULT MAUPOILJournaliste

Rédacteur en chef de Fréquence ESJ

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