Repenser l'Europe et l'Euro

Écrit par Alexandre REIGNOUX.


Nicolas Sarkozy pendant son discours

Nicolas Sarkozy a tenu un discours à Toulon (Var) de cinquante-deux minutes. Son deuxième discours après celui de 2008. Le président de la République a annoncé qu'il recevrait lundi prochain Angela Merkel, chancelière allemande, pour élaborer des propositions de réforme de l'Europe. Nicolas Sarkozy souhaite la mise en place d'un nouveau traité européen élaboré avec l'Allemagne.

A Toulon, en 2008, Nicolas Sarkozy avait promis de «moraliser le capitalisme». Trois ans après ce «grand discours», et à cinq mois de la présidentielle, le chef de l'Etat est revenu à Toulon. Tout seul sur scène, il voulut être le protecteur face à la crise. Le chef de l'Etat est revenu sur la crise de la zone euro qui sévit.

Deux annonces importantes dans l'intervention du président de la République. La première sur un nouveau traité européen. La seconde est que Nicolas Sarkozy a annoncé qu'il inviterait "tous les partenaires sociaux" à participer à un "sommet sur l'emploi" en janvier prochain, pour que "chacun puisse apporter des solutions, faire des propositions".

«Dire la vérité aux Français»

Pour lui « l'Europe n'est pas une obligation mais une nécessité » mais qui doit être « repensé et refondé ». Le président de la République a également assumé son bilan. Peu d'avancée sur la refonte du capitalisme mondiale. Un point axial et majeur du discours de 2008. Mais pour sortir de cette crise, une solution, le travail.

Tacle au Parti Socialiste (PS)

Nicolas Sarkozy n'a pu s'empêcher de critiquer la gauche : « la retraite à 60 ans et les 35 heures ont été des fautes graves dont nous payons lourdement les conséquences ». Sur le nucléaire il a gardé sa ligne de conduite : « Ce n'est pas en renonçant à notre indépendance énergétique et en boudant l'énergie nucléaire dans laquelle la France a investi depuis un demi-siècle tant d'intelligence et d'argent qu'elle valorisera au mieux ses atouts ».

Il a aussi estimé que renoncer, pour la France, à sa place de membre permanent au conseil de sécurité de l'ONU (Organisation des Nations Unies) et à son droit de veto constituerait "une faute invraisemblable", dans une référence implicite à la récente polémique autour de l'accord PS/Europe Ecologie les Verts (EELV).

Sans cette place et sans ce rôle, la France n'aurait pas pu aider les peuples de Libye et de Côte d'Ivoire à se libérer", a-t-il fait valoir, en référence au conflit qui a abouti à la chute du dictateur libyen Mouammar Kadhafi et à la crise post-électorale ivoirienne.

L'idée de la VI République n'est pas la bonne explique-t-il : « ce n'est pas en passant à la VIe République qui ne serait en réalité qu'un retour à la IVe que la France maîtrisera mieux son destin. Nous avons connu l'époque des marchandages entre partis. »

Le retour de la règle d'or

Nicolas Sarkozy a également affirmé que la France devait "adopter la règle d'or", et que "l'idéal, si chacun faisait preuve de responsabilité, serait de le faire avant la présidentielle". Un autre tacle au PS .

Le Front National (FN) en prend aussi pour son grade

Nicolas Sarkozy a cherché à donner des garanties à l'électorat populaire tenté par le FN : « l'immigration est féconde si elle est maîtrisée ». Sortir de la zone euro ne peut être qu'une décision négative : « Par la sortie de l'euro, notre dette se retrouverait multiplié par deux ».

Deux annonces importantes durant cette allocution. Un contexte de crise « la plus grave depuis la seconde guerre mondiale » et qui n'est pas terminée : « la crise n'est pas finie » et « nier la crise, c'est s'interdire toute perspective de croissance ».

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