Jean-Louis Borloo a lancé son nouveau parti centriste

Écrit par Tristan QUINAULT MAUPOIL.

Jean-Louis BorlooPOLITIQUE - L’ancien ministre de l’Ecologie de Nicolas Sarkozy espère que l’UDI deviendra prochainement le "premier parti de France". Chantal Jouanno a quitté l’UMP pour rejoindre Jean-Louis Borloo, créant de vives réactions à droite. 

Près de 3000 personnes se sont réunies ce dimanche dans la salle de la Mutualité à Paris pour inaugurer l’UDI. L’union des démocrates et des indépendants est le nouveau parti présidé par l’ancien ministre de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo. Sous les regards bienvailants de Simone Veil et Valéry Giscard d’Estaing, ce parti rassemble les cendres du Nouveau centre, les restes du Parti radical valoisien et quelques échappés du MoDem. L’arrivée de Chantal Jouanno a crée la surprise. L’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy, tête de liste UMP aux dernières élections sénatoriales, a quitté l’UMP pour rejoindre l’UDI. L’ancien député UMP Louis Giscard d’Estaing, fils de Valéry, a également rejoint le mouvement de Jean-Louis Borloo.

L’UMP attaque Jouanno

«L'indépendance, ce n'est pas l'isolement. L'UDI a vocation à constituer une coalition avec l'UMP. Et nous nous engageons dans un partenariat loyal, une coalition gagnante pour être les gagnants de la coalition», a précisé Jean-Louis Borloo dans son discours. Pourtant l’UMP a vivement réagi dimanche, souvent avec ironie, portant principalement ses attaques contre Chantal Jouanno. “Il appartient à Chantal Jouanno de tirer toutes les conséquences de sa décision, s'agissant des mandats de sénateur et de conseiller régional qui lui ont été confiés, et ce d'autant plus qu'elle fut choisie par l'UMP pour conduire aussi bien la liste régionale que sénatoriale", a déclaré le président de la fédération UMP de Paris, Philippe Goujon. Un élu régional, proche du sénateur UMP Pierre Charon (dissident face à Chantal Jouanno pendant les élections sénatoriales), s’amuse de voir l’ancien dissident devenir “un des leaders de l’UMP au sénat”. “Et dire qu’elle a mobilisé contre nous”, insiste cet élu parisien.

Plaidoyer contre les conservateurs

Pendant un peu moins d’une heure Jean-Louis Borloo a expliqué le sens de ce nouveau parti. "Nous sommes une force qui a vocation à devenir le premier parti de France", a-t-il martelé. L’ancien avocat a loué les progressistes contre les conservateurs: “Tous les hommes de progrès sont optimistes. Les conservateurs sont pessimistes”, a-t-il dit. “Ils ont l’air sérieux et sont bien coiffés mais ils ne sont pas raisonables”, ironise celui qui est souvent caricaturé en homme négligé. “Nous sommes le parti de la république, le parti des hommes et des femmes de progrès”, explique Borloo. “Les conservateurs ont peur. C’est pour cela qu’ils pointent des boucs émissaires. Celui qui n’a pas la même religion, le même métier (...) pourtant tous sont des républicains”, a ajouté le député. Jean-Louis Borloo a également réaffirmé l’engagement européen de l’UDI et dénoncé les euroseptiques: “Ce qui m’a rendu le plus en colère c’est ce prix Nobel de la paix (remporté cette année par l’Union européenne, NDLR). Ces commentaires (hostiles), j’en ai eu honte”, a lancé Borloo, la voix grave et d’ajouter: “L’Europe est notre maison communne, notre destin commun”. Une occasion pour tacler Europe Ecologie les Verts (EELV): “C’est formidable, ce parti a abandonné l’écologie et trahi l’Europe”. “Pour parler d’Europe, on se tourne, en France, vers l’UDI”.

"Nous allons essuyer des sarcasmes, des mises en causes personnelles de tel ou tel. De vrais-faux amis à l'intérieur s'exprimeront, les tentatives de débauchages vont se multiplier. Mais nous garderons notre cap, nous sommes le seul véritable espoir, le TGV de l'UDI est lancé", a-t-il mis en garde.  

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