Aisne : la pub du conseil général révolte les étudiants

aisneETUDIANTS - L'été dernier, les étudiants du département de l'Aisne ont appris qu'ils ne pourraient plus bénéficier des bourses départementales. Raison invoquée par le conseil général : le manque de moyens. Mais cette semaine les étudiants ont pris connaissance d'une campagne de communication du département dans le métro parisien. Ils sont scandalisés par le sens des priorités des élus. Ils ont décidé de se mobiliser virtuellement. 

De gauche comme de droite, les étudiants axonais n'en reviennent toujours pas. Ils ont découvert cette semaine une campagne de communication du département de l'Aisne dans le métro parisien. Des slogans colorés et formés de jeux de mots. "Rock Aisne Roll, Aisne joy, week-Aisne, Peace Aisne Love" s'inscrivent dans les couloirs de la RATP.

"Ils nous bouffent l'Aisne sur le dos ! "

Pourtant, c'est bien pour des raisons budgétaires que le président PS du conseil général de l'Aisne, Yves Daudigny, a mis fin aux bourses départementales cet été. "Ce que l'on retient, c'est que l’enveloppe dédiée à la bourse départementale était équivalente, en 2013, à 3,5 millions d'euros. Que le département recevra cette année une dotation supplémentaire de l'ordre de 15 à 22 millions d'euros, et que même si la jeunesse c'est la priorité du PS, les campagnes de communication dans le métro parisien, ça à l'air vachement plus utile pour le futur du département", s'indigne Simon Dubois-Yassa, qui a mené la mobilisation cet été contre la suppression des bourses.

Julien DiveConsternés par les priorités des élus de leur département, les étudiants se mobilisent. Le site internet consacré à la campagne de communication propose aux internautes d'inventer de nouveaux jeux de mots autour du nom de leur département. Les jeunes axonais ont décidé de participer. "Tu es étudiant axonais et tu t'es fait sucrer tes bourses départementales par la majorité écolo-socialiste du département ? Rassure-toi, le Conseil Général pense à toi et t'offre en contrepartie la possibilité de trouver un slogan qui sera placardé au frais du contribuable sur les murs du métro parisien ! Vas-y fais-toi plaisir !! C'est l'argent de tes bourses", a écrit Julien Dive, secrétaire national de l'UMP, sur son compte Facebook.

"Ils nous bouffent la l'Aisne sur le dos !", a ainsi proposé Emmanuel tandis qu'Amandine notait que "l'Aisnemi des étudiants c'est le conseil général". "Ces élus sont plutôt concentrés sur le prestige, la communication le court terme", s'emporte Simon Dubois-Yassa. Le jeune homme, étudiant à Lille, a été reçu en août par le directeur de cabinet d'Yves Daudigny : "Il nous a dit : on est d'accord avec vous, mais on ne peut pas faire autrement".

"La suppression des bourses n'est pas l'idée la plus intelligente des élus. Ils n'ont pas cherché une solution intermédiaire", dénonce Julien Dive, également responsable des Jeunes UMP du département. La campagne de communication dans le métro parisien coûterait 500.000 euros "Soit 500 étudiants privés de leur bourse", s'indigne ce proche de Xavier Bertrand. "Certes, ce n'est pas une compétence du département mais c'est fort comme message dans un département qui n'est pas très bien loti", ajoute-t-il. "C'est difficile de mobiliser car c'est un département rural", explique Simon Dubois-Yassa, proche du Front de gauche. Cette mobilisation virtuelle devrait donc simplifier la lutte des étudiants. Simon rappelle qu'Yves Daudigny a été élu sénateur avec seulement 15 voix d'avance. Pour le jeune homme, précariser les étudiants entretient la montée du Front national. "Alors, on espère qu'il fera attention à nos arguments". 

L'Aisne était, depuis plus de quinze ans, l'un des rares départements à verser une bourse d'un peu moins de mille euros annuels aux étudiants défavorisés. Une aide de 2400 euros était également prévue pour les séjours Erasmus. 3100 étudiants bénéficiaient des bourses départementales. L'année dernière, le conseil général avait décidé d'augmenter le budget communication du département. "La notoriété s'acquiert dans la durée", expliquait Yves Daudigny au Courrier Picard. "J'en suis presque à regretter d'avoir dû baisser le budget de communication l'an passé (en 2011, NDLR). On l'a rétabli cette année".

Aucun élu du conseil général n'était joignable au moment de la publication de notre article.

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