Procès Moubarak : la peine de mort requise

Écrit par Ilana FERHADIAN .


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La peine de mort a été requise pour l'ancien président égyptien et pour sept hauts responsables sécuritaires, dont l'ex-ministre de l'Intérieur, Habib el-Adli. Le procureur a souligné que ce dernier, à l'époque "ne pouvait pas donner des ordres de tirer sur les manifestants sans avoir obtenu des instructions de Moubarak".

Jeudi 5 janvier, lors du procès du dictateur déchu Hosni Moubarak, le procureur a réclamé que l'octagénaire égyptien soit pendu pour complicité de meurtre de manifestants durant les révoltes de l'année dernière.

« Si vous n’avez pas vous-même donné l’ordre, où se trouve votre explosion de rage qu’on tue votre peuple ? », s'est ensuite adressé Suleiman directement à Moubarak, qui plaide toujours non coupable.

« La solution est la vengeance. Tout juge honnête devra condamner ces coupables à la peine de mort », a déclaré Mustafa Khater, un des cinq procureurs. «Nous sentons l’esprit des martyrs voler au dessus de cette salle de justice sacrée, et ceux qui ont perdu la vie par les balles des coupables demandent une juste vengeance». Il a ajouté, en réponse aux avocats de Moubarak : "Le président de la République est responsable de la protection du peuple, la question n'est pas seulement de savoir s'il a donné ou non des instructions de tuer les manifestants, mais au delà de ça, de savoir pourquoi il n'est pas intervenu pour arrêter la violence contre ces manifestants. Comment se peut-il que le président de la République ne soit pas au courant des manifestations qui ont éclaté le 25 janvier en douze endroits dans plusieurs gouvernorats ? "

Khater a aussi réclamé la peine de mort pour le chef de la sécurité ainsi que pour quatre commandants de la police. Les fils respectifs de Moubarak, Alaa et Gamal Moubarak ont été accusés lors du même procès de corruption. Une autre personne en fuite, amie de la famille a aussi été déclarée coupable.

La répression du soulèvement contre le régime début 2011 a fait officiellement 850 morts. Le procès d'Hosni Moubarak se déroule sous la protection d'un important dispositif de sécurité. Il est le premier dirigeant victime du "Printemps arabe" à comparaître en personne devant la justice. Le procès a été ajourné aux 9 et 10 janvier.

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