Coronavirus : des tests sérologiques pour rattraper le retard de la France

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CORONAVIRUS - A moins de deux semaines du 11 mai, date annoncée du déconfinement en France, le gouvernement manque de moyens pour dépister les Français. Les nouveaux tests sérologiques pourraient permettre de rattraper ce retard.

 

En France, les hôpitaux utilisent des tests dit PCR, pour prélèvement naso-pharyngé. Ces tests s’effectuent à l’aide d’un écouvillon que l’on insère dans le nez. Il doit impérativement être réalisé par un médecin ou un infirmier. S’il est jugé facile à effectuer, il est cependant très désagréable pour le patient. Une autre méthode, très attendue, est plus précise et plus rapide. Il s’agit des tests sérologiques, autrement dit, des prises de sang. Le test permet de détecter un malade en 15 minutes et de dresser un diagnostic sérologique du patient en observant la quantité d’anticorps dans son organisme. Ce test, comme expliqué par le directeur général de la Santé Jérôme Salomon, permettra “de montrer qui est immunisé, qui a rencontré le virus et qui ne l'est pas et n'a donc pas rencontré le virus". Un atout essentiel dans le traçage du Covid-19 et donc dans la réalisation du déconfinement. L’Académie Nationale de la Médecine avait indiqué dans un communiqué du 10 avril que ces tests, s’ils étaient toujours en phase d’évaluation, pourraient bientôt être proposés.

Pour les spécialistes, le dépistage massif reste impératif

Lors de son allocution du 11 avril dernier, Emmanuel Macron assurait que dépister “toutes les Françaises et tous les Français” n’aurait “aucun sens”. Jusqu’à présent, les tests sont donc toujours réservés aux patients des hôpitaux présentant des symptômes graves, ainsi qu’aux résidents d’Ephad et aux soignants. Aujourd’hui, la France réalise “plus de 165 000 tests PCR par semaine” selon Jérôme Salomon. Bien trop peu, selon les spécialistes de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Ils affirment que "le déconfinement ne sera pas efficace sans dépistage et mise à l'isolement systématique des personnes porteuses du Covid-19”, y compris des personnes asymptomatiques.

La méthode du dépistage massif a déjà fait ses preuves dans les pays qui l’ont mise en place. D’abord en Asie, à Taïwan ou en Corée du Sud, où le confinement total de la population a pu être évité. En Europe, le gouvernement allemand effectue depuis plus d’un mois plus de 500 000 dépistages par semaine, soit près de 5 fois plus qu’en France. 5 700 décès ont été recensés en Allemagne, là où la France a dépassé les 23 000. L’Allemagne connait, cependant, un rebond des cas de coronavirus depuis le début de son déconfinement, il y a une semaine.

La France à court de tests

Tout comme les masques que le gouvernement avait jugé inutiles, puis indispensables une fois les stocks plus conséquents, les dépistages sont pour l’instant limités. Ces tests nécessitent, en effet, des produits importés de Chine et des Etats-Unis, qui ne sont plus livrés en quantité suffisante depuis le début de l’épidémie. Le gouvernement doit aujourd’hui avancer plus vite. Dimanche 19 avril, Edouard Philippe annonçait son objectif de pouvoir effectuer 500 000 tests PCR par semaine d’ici le 11 mai prochain. Un objectif réhaussé à 700 000, comme affirmé par Jérôme Salomon. Le but est de tester les personnes ayant des symptômes mais également leurs contacts, afin de ralentir encore plus la propagation du virus. Si l’objectif semble aujourd’hui réalisable, les spécialistes et les soignants déplorent une action à retardement de la part du gouvernement par rapport à ses voisins.

Photo : Fernando Zhiminaicela / Pixabay

 

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