« Il est déconseillé de sortir. Il n’est pas interdit de fuir. »

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VIOLENCES CONJUGALES - En France, des milliers de femmes sont victimes de violences conjugales. En cette période de confinement, ces femmes et leurs enfants doivent rester 24 heures sur 24 avec leur bourreau.

 

Chaque année, 219 000 femmes sont victimes de violences physiques et/ou sexuelles de la part de leur conjoint sur le territoire français. Mais depuis le 17 mars, midi, les Françaises et Français traversent une période particulière : le confinement. Interdiction de sortir de chez soi sauf pour des activités essentielles comme faire ses courses ou aller travailler quand le télétravail est impossible. Ces femmes et enfants, qui sont au quotidien dans la peur de leur bourreau, sont donc enfermés, toute la journée et tous les jours, avec ce dernier. Si d’habitude ces violences, du moins physiques, cessent en journée pendant les heures de travail, aujourd’hui ces femmes n’ont plus aucun répit.

Le 3919 inactif

Pendant près d’une semaine après le début du confinement, le numéro d’urgence pour les femmes victimes de violences conjugales a cessé de fonctionner. « Pour des raisons exceptionnelles, le 3919 est actuellement fermé. Nous vous invitons à renouveler votre appel ultérieurement ». Le message automatique du numéro d’urgence est difficile à entendre pour ces victimes qui ont trouvé le courage de décrocher leur téléphone. L’Etat affirme pourtant qu’il fonctionne mais à horaires réduits. Le temps que « les écoutantes confinées se voient attribuer un téléphone portable adéquat et du matériel informatique afin de mettre en place une écoute à distance ». Chloé Madesta, membre du collectif « Collages Féminicides » (ces femmes qui placardent des slogans contre les violences sexistes et sexuelles) déplore la panne du numéro d’urgence. « De manière générale, le confinement augmente les tensions entre individus donc pour les victimes de violences conjugales, c’est encore pire. […] L’échappatoire qu’elles ont est extrêmement réduit puisque le 3919 ne fonctionne plus depuis le début du confinement ».

Les collectifs et association féministes prennent le relais

Collage féminicides Paris

Photo : Collages Féminicides Paris

Malgré le confinement, les collectifs et les associations féministes n’ont pas arrêté leurs actions. C’est le cas du groupe des colleuses. Leur but étant, en plus de condamner les violences et les féminicides, de montrer leur soutien aux victimes et à leur famille. Les colleuses, ne pouvant plus sortir de chez elles, ont dû se montrer créatives. Leur visibilité sur les réseaux sociaux est plus importante pendant cette période de confinement. Elles montrent donc leur soutien aux victimes de violences en postant des photos de leurs collages dans leur salon, à leur fenêtre, sur leur terrasse ou même, pour les plus dégourdies, sur les échafaudages devant chez elles. Mais cette action n’est pas la plus importante. Les féministes prennent les choses en main et proposent de réelles solutions d’urgence à ces femmes, souvent accompagnées d’enfants : des logements vacants. Un appel sur la page Instagram de Collages Féminicides Paris a été lancé pour que les personnes ayant un logement inoccupé, et qui le souhaitent, le mettent à disposition des femmes et enfants en fuite. En quelque jours, c’est plus d’une vingtaine de logements qui ont été proposés par les membres du collectif et ses followers. Bien que cette solution ne puisse pas aider toutes les victimes, cela pourrait éviter un certain nombre de catastrophes. Rappelons que, depuis le 1er janvier 2020, vingt femmes sont déjà décédées sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint, selon le collectif Nous Toutes.

 

Photo : Gouvernement

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