Marche contre les violences faites aux femmes : "Ras le viol"

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REPORTAGE - La marche #NousToutes, contre les violences sexistes et sexuelles, a rassemblé quelques 150 000 personnes en France, d’après le collectif, samedi 23 novembre. Une mobilisation d’une ampleur historique.

 

« Le chiffre a bougé, aujourd’hui, on compte la 138ème victime de féminicide depuis le début de l’année. Alors que nous sommes dans les rues pour manifester contre les violences faites aux femmes, un homme tue encore sa femme », annonce le collectif #NousToutes après la marche contre les féminicides. De la place de l’Opéra jusqu’à Nation, à Paris, 100 000 personnes étaient mobilisées dans la capitale et 150 000 sur la totalité de l’hexagone, selon le collectif. Le cabinet indépendant Occurence a lui compté au moins 49 000 personnes à Paris. « On a organisé la plus grande marche de l’histoire de France contre les violences sexistes et sexuelles », déclare la féministe et femme politique Caroline de Haas.

« Ras le viol »

À partir de 14 heures, hommes ou femmes, enfants ou personnes âgées, tous ont soutenu la cause féministe. Plusieurs associations et cortèges étaient présents lors de la marche. A sa tête : l’Union Nationale des familles de féminicide (UNFF). « Il y avait une ambiance assez dure, assez pesante au début, ce qui est normal vu qu’il s’agissait des familles des victimes de féminicide », raconte Clémence, étudiante. Un peu plus loin, les paroles de « Balance Ton Quoi » d’Angèle ou de « Run the World » de Beyoncé résonnent. Au milieu des pancartes violettes « À bas le patriarcat », « Ras le viol » ou « Je te crois, tu n’y es pour rien », distribuées par #NousToutes. D’autres avaient préparé leurs affiches, exprimant la colère générale et un fort soutien pour la cause : « La cup est pleine, STOP », « Maman, aujourd’hui, je marche pour toi et pour nous toutes » ou sur un ton plus léger « je veux une raclette, pas une raclée ». Les participants chantent, dansent et crient en coeur.

La solidarité est le maître-mot en ce jour de mobilisation. « C’est super important d’être ensemble, pour montrer notre soutien à toutes les femmes qui ont subi des violences. Il faut que ça cesse » explique Margot, 23 ans. « Presque tous les jours, on entend qu’un nouveau féminicide a eu lieu. Ça me touche parce que je me dis que ça pourrait être moi, une amie, ou une personne de ma famille », témoigne Gladys, 19 ans. En France, tous les deux jours, une femme meurt sous les coups de son conjoint ou ex-conjoint.

Des dispositions nécessaires demandées

« Ces meurtres, ces assassinats auraient pu être évités. Nous demandons au gouvernement des mesures concrètes et surtout, rapides ». C’est ce que réclame l’union des proches des victimes. Parmi ces mesures, celles de l’inscription du mot « féminicide » au code pénal, la création de foyers destinés aux hommes violents ainsi qu’une surveillance sous bracelet électronique pour les hommes ayant fait objet d’une mesure d’éloignement. Le collectif exige un milliard d’euros de fonds supplémentaire pour faire cesser « définitivement » les violences sexistes et sexuelles.

Le Président de la République, Emmanuel Macron, doit s’exprimer lundi 25 novembre à la fin du Grenelle des violences conjugales.

 

Photo : Ludmilla Clocher / Fréquence ESJ

 

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