• Slide FESJ 2015

L’affaire non élucidée des « Fiancés assassinés de Fontainebleau »

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SOCIETE - La Toussaint sanglante de 1988. Gilles Naudet, sa fiancée Anne-Sophie Vandamme et leur chien Dundee, partis en promenade dans la forêt de Fontainebleau (Seine-et-Marne), disparaissaient mystérieusement le 31 octobre 1988. Une date également marquée par l'ouverture de la chasse au gros gibier sur différentes parcelles publiques et privées.

 

Qui ont rencontré l’employé de banque et l’assistante sociale ? A 14 h 30, un chasseur aperçoit le jeune couple accompagné de leur canidé prendre la direction des Grandes Vallées. Plus personne ne les reverra. Leur Peugeot 304 reste garée sur le parking de La Feuillardière mais leurs affaires personnelles ont disparu. Le témoignage crucial d’un chauffeur-routier vient, un temps, éclairer l’enquête : « Deux individus ont tué, par méprise, le chien du couple. Une dispute a éclaté et les jeunes gens ont été abattus », rapporte le procès-verbal publié par Christian Porte dans son livre « Les vérités interdites d’un fiasco judiciaire », paru aux éditions Edilivre. L’affaire des « Fiancés assassinés de Fontainebleau », ce sont : « 200.000 heures d’audition, 4.000 documents et procès-verbaux établis, trois juges d’instruction et 1.500 personnes entendues durant treize ans », détaille le journaliste d’investigation qui enquête depuis trois décennies sur ce crime non-élucidé. A cela s’ajoutent un médium, le suicide du responsable de l’office national des forêts (ONF) et une grande battue organisée le 4 novembre 1988 où 800 personnes participent dont l’auteur ; à pied, à cheval, à moto et en hélicoptère. Au fil des pages de ce deuxième tome, plane le lobby de la chasse et des braconniers.

« La scène où les corps ont été retrouvés n’est pas celle de crime »

Le 10 janvier 1989 à 12 h 15, les cadavres de Anne-Sophie Vandamme, Gilles Naudet et Dundee sont découverts « gisant dans un petit trou d’eau, dans le secteur de la Mare-aux-Joncs, dans la commune de Milly-la-Forêt (Essonne). Quelques branches de fougère fraîchement coupées tentent de les dissimuler », commente le journaliste d’investigation. C’est pourtant là, que deux mois plus tôt, la grande battue sillonnait la zone : « La certitude malheureuse est que la scène où les corps ont été retrouvés n’est pas celle de crime. » Pis encore, « Ceux qui ont déposé les corps connaissaient le lieu pour être le passage des sangliers qui les auraient dévorés », complète Christian Porte. « Anne-Sophie et Gilles meurent à 25 ans, achevés d’une balle dans la nuque tirée à bout portant », raconte l’ancien rédacteur en chef du journal Le Républicain Essonne et Val-de-Marne, qui n’aura de cesse de pointer les nombreux dysfonctionnements de l’enquête : « C’est un fiasco judiciaire », lâche t-il. Des experts de l’Institut criminel de la gendarmerie nationale (IRCGN) ont confirmé l’existence de deux tireurs. Mais aucune carabine n’a été, à ce jour, retrouvée. En 2011, l’affaire des « Fiancés assassinés de Fontainebleau » » est prescrite. Quant aux familles des victimes : « Elles n'ont pas réussi à faire l'indispensable travail de deuil, faute de savoir pourquoi leurs enfants ont été tués », déplore l’auteur. 30 ans après les faits, Christian Porte espère élucider cette énigme criminelle, intimement convaincu que s’il n’avait pas enquêté sur cette affaire, « elle aurait été enterrée. »

Les vérités interdites d'un fiasco judiciaire, Édilivre.

 

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