• Slide FESJ 2015

Gilets jaunes en culotte courte

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TRIBUNE - Il y a toujours eu deux France. Celle qui commémorait hier l’Armistice de 1918, silencieuse, compatissante et consternée… et celle qui imagine sérieusement reconquérir l’échafaud comme au bon vieux temps de la Révolution. Deux combats, deux états d’esprit, deux histoires de gueules cassées. Une pour se casser la gueule.

 

Au moins, l’opposition s’y retrouve. D’un côté, Dupont-Aignan conjure avec luminescence le soulèvement du peuple. De l’autre, Jean-Luc Mélenchon revêt son habit de lumière et s’en va jouer les grands reporters, Place de la Concorde. Pas besoin d’être une lumière pour faire du cinéma, pas besoin de talent pour jouer aux figurants. Il y en a qui osent tout… Audiard le dit encore mieux.

Ladite révolution appartient donc au peuple. Alors pour dénoncer la flambée des prix du carburant, on prend sa voiture et on va bloquer les routes. Comme ça. Par esprit de solidarité, on empêche même ses concitoyens d’aller travailler. Vous n’imaginiez quand même pas dépenser votre carburant pour faire tourner l’argent du pays, un jour de rébellion comme celui-là ? Gros nantis que vous êtes !

Mais voilà, les Français ne sont pas seulement des révolutionnaires compulsifs. L’Histoire, Dieu merci, ne nous a pas limités au culte de la guillotine, à la haine du pouvoir et au mépris des riches. Une caricature toujours saluée par quelques représentants sacrés de la République… La Grande Guerre nous ramène à ce que nous sommes par essence, des combattants. La Seconde Guerre nous en dit davantage sur nos capacités de résilience, sur notre caractère défiant la résignation et sur notre adaptation tactique et citoyenne en toutes circonstances. Nous sommes courageux, nous sommes lucides, à condition de le vouloir et de s’en souvenir. Mais lorsqu’on se lève en pensant pouvoir tout changer avec un gilet jaune, il vaut mieux d’abord changer d’avis. 

 Chantal, 63 ans, a subi l’absurdité de ce mouvement, samedi matin, tuée au Pont-De-Beauvoisin (Savoie) parce qu’elle participait au barrage non-déclaré d’un rond-point. A bord d’un 4x4, une femme devait emmener sa fille chez le médecin. Les manifestants, encerclant et martelant la voiture de coups, ne voulaient pas la laisser passer. Après avoir simulé deux accélérations, la conductrice a paniqué : Chantal était en face. 

 

Chaque semaine Fréquence ESJ ouvre ses colonnes à des auteurs invités. Leur point de vue n'engage pas la rédaction.

 

Photo : DR

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