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Témoignage d’Aurélia Gilbert, rescapée du Bataclan

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INTERVIEW/AUDIO - Un an après les attentats, les plaies restent ouvertes. De nombreuses questions subsistent. Aurélia Gilbert, rescapée du Bataclan, nous raconte comment elle a vécu cette nuit d’horreur.

Le 13 novembre 2015, Aurélia Gilbert assiste au concert des Eagles of Death Metal au Bataclan. Un an après, la date anniversaire a un écho particulier. Elle pense aujourd’hui à ceux qui ne sont plus là. Mais aussi aux familles des victimes. Aurélia, elle, n’a perdu personne cette nuit du 13 novembre. Ni elle, ni ses proches n’ont été blessés par les balles des trois terroristes présents dans la salle.

Avant ce cauchemar, « le Bataclan était synonyme de bon groupe de rock » pour Aurélia. « Une salle sympa, chaleureuse, où le public est proche du groupe. » Lorsqu’elle entre dans le Bataclan à 20h30, elle retrouve cette ambiance festive. Une soirée où « grands barbus » et « petites minettes » se rencontrent. Un vendredi soir où elle et ses trois amis profitent du bar avant le début du concert. Lorsque les Eagles of Death Metal entrent sur scène, Aurélia et ses proches décident de se mettre sur le côté droit de la salle. Un lieu un peu excentré de la fosse pour éviter d’être bousculé.

« J’ai tout de suite su que c’était une attaque terroriste » 

21h39. Des coups de feux retentissent derrière elle. Aurélia entend siffler les balles. « Un bruit encore plus fort que ce que l’on entend dans les films ». Elle pense tout de suite à une attaque terroriste. Après s’être jetés à terre, Aurélia et ses proches décident de se réfugier dans une cage d’escalier. Il aura fallu attendre 23h30 pour que les forces de l’ordre les évacuent. Un moment difficile. Les rescapés ont dû traverser la scène puis la fosse. « Des images de guerre » pour Aurélia.

« C’est comme si on a été plongé dans un grand puits noir ce soir là et que petit à petit on remonte »

Une fois sortie de la salle, les victimes réalisent ce qui s’est passé. « C’est le moment où on a tous craqué, même les plus forts ». Aurélia est rentrée chez elle dans la nuit. Elle s’est endormie vers 8 heures du matin. Le lendemain, elle a dû affronter une période de sidération. « On se sent vide, on ne peut rien faire. » Mais dimanche, Aurélia décide de ne pas se laisser aller. Elle choisit de prendre rendez-vous avec un psychologue militaire. Le lundi matin, elle retourne au travail. Les premiers jours ont été difficiles. Elle a dû faire face à des problèmes de concentration et a fait de l’hyper-surveillance dans les lieux publics. Mais elle a réussi à surmonter l’épreuve petit à petit.

« C’est comme si on avait été plongé dans un grand puits noir ce soir là et que petit à petit on remonte. Peut-être que moi j’ai mis moins de temps à remonter que d’autres ».

Aujourd’hui elle est, aussi, administrative dans l’association des victimes « 13 onze 15: Fraternité et vérité ». L’association lui permet d’aider les autres, une manière de guérir elle-même. Elle ne ressent pas de haine. Même s’il lui est arrivé, comme d’autres, de penser à quitter son travail. « Si j’avais été un homme, sans enfants, peut-être que je serais partie combattre ». Mais son action avec l’association est plus forte et plus juste. « De toute façon la guerre n’a jamais rien réglé ».

L’association espère avoir des réponses à leurs questions. Pour le moment ils ne peuvent pas se porter partie civile au procès mais espèrent l’être le plus vite possible. A titre personnel, Aurélia s’est portée partie civile.  «A travers ce procès, on souhaite montrer ce qu’est la démocratie face à la barbarie. »

Photo REUTERS/CHRISTIAN HARTMANN

émission spéciale attentats de "L'actuelle"


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