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Charlie Hebdo : un stagiaire à Premières Lignes témoigne

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DOCUMENT AUDIO FREQUENCE ESJ - Lucas F. étudiant à l’ESJ-Paris et stagiaire à l'agence de presse Premières lignes raconte les minutes d’effroi survenues après l’attentat, mercredi matin au siège de Charlie Hebdo. Le jeune homme livre ce qu'il a vécu au micro de Stéphane Zagbai.

« Tout le monde ne se retrouve pas sur une scène d’attentat, on voit plutôt ça à la tv. »

Mercredi 7 janvier 2015, deux hommes cagoulés font irruption en pleine conférence de rédaction du journal satirique Charlie Hebdo. 12 personnes sont tuées, une dizaine d’autres sont blessées dont quatre très grièvement. Lucas  était présent ce mercredi matin dans l’immeuble du 10, rue Nicolas-Appert. « Ce qu’il s’est passé c’est ce que vous avez certainement vu aux informations, c’est deux types cagoulés qui sont entrés dans le bâtiment de Charlie Hebdo dans lequel se trouve mes locaux au même étage » dit-il. « Il n'y avait qu’un seul policier, une surveillance en voiture qui stationnait devant les locaux jusqu’à il y a trois mois, qui s’est arrêtée. » affirme Lucas en stage à Premières lignes.  Il poursuit : « mais bon de toutes façon on ne peut à peu près rien faire quand on se retrouve face à une arme lourde et qu’on a qu’une arme de point, je pense pense donc il n’a pas du peser bien lourd ».

Les locaux de l’agence Premières lignes étant mitoyens de ceux de Charlie Hebdo, il raconte avoir entendu les détonations : «  On a  un mur mitoyen, et j’allais descendre fumer une cigarette, le directeur de la post production est remonté en courant parce qu’il a vu un type cagoulé devant la porte d’entrée d’en bas. Il m’a dit de ne pas aller fumer tout de suite, y’a un mec avec une kalach en bas. » 

« On imagine toujours que c’est de l’intimidation, des tirs en l’air »

Lucas et ses collègues n’ont pas réalisé immédiatement. C’est au bout de quelques minutes, quand certains se sont déplacés vers les locaux de Charlie hebdo que le cauchemar est devenu réalité : « les survivants de Charlie Hebdo arrivent dans nos locaux, tétanisés, en pleurs » raconte-t-il. Il ajoute : « On voit tout le sang ».

Certains voisins sont très choqués : « Dans mon groupe de soutien il y a avait une jeune femme qui travaille dans un centre aéré et qui s’est retrouvée en plein milieu de la fusillade et qui a vu notamment le policier se faire abattre devant elle. »

Lucas s’est réfugié sur le toit avec quelques confrères. D’abord pour se protéger, ensuite pour continuer d’informer : « C’est là qu’on a commencé à filmer pour essayer d’avoir des images, essayer de repérer les types » explique-t-il. « On a eu de la chance », « on s’est aperçus que les mecs savaient très bien ce qu’ils voulaient, qui ils venaient chercher, qui ils venaient tuer. »

Ecoutez l'intégralité de l'interview de Lucas

 Stéphane Zagbai & Yoko TRIGALOT

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