Rémi Féraud, sur la présidentielle : « pour le moment à gauche, nous sommes tous spectateurs »

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INTERVIEW / PODCAST - Invité de Fréquence ESJ mardi 19 octobre, la sénateur socialiste de Paris, Rémi Féraud s'est montré conscient des difficultés de son parti, et de la gauche en général. Il reste quand même confiant dans les chances d’Anne Hidalgo de remporter l’élection présidentielle.

Investie comme candidate du Parti socialiste pour l’élection présidentielle jeudi 14 octobre, Anne Hidalgo est « la meilleure candidate pour le PS ». Selon Rémi Féraud, « elle porte une dynamique ». Le seul regret du sénateur de Paris c’est que « ce congrès qui a eu lieu au mois d’octobre, aurait du être organisé avant ». Il le considère néanmoins comme « un passage nécessaire » et reste persuadé que « la gauche sera plus forte que ce que disent les sondages ».

Rémi Féraud affirme qu’« Anne Hidalgo va mener une campagne qui va surprendre » et refuse toute alliance avec Europe écologie-Les Verts et La France insoumise. D’abord parce qu’il ne croit pas du tout « aux raisonnements sur la présidentielle par addition et soustraction de scores des partis » et que le PS « a, avec La France insoumise, des différences profondes ».

L’ancien maire du Xe arrondissement de Paris est persuadé qu’« il y aura une dynamique lors de cette campagne », à « la condition qu’elle soit dynamique et collective ». Il reste pourtant conscient que « pour le moment à gauche, nous sommes tous spectateurs » mais que « ça ne restera pas comme ça ».

Sur le manque de têtes d’affiches au PS : « ceux qui étaient en responsabilité lors du quinquennat de François Hollande se sont désinvestis du PS, le parti est orphelin »

Quasi inexistant ces cinq derniers années dans le paysage politique, le PS a quand même réussi à conserver ses régions et même à en gagner une lors des élections régionales et départementales de mai dernier. Un score qui est « beaucoup mieux que ce qui était prévu » pour Rémi Féraud, qui confesse lui-même qu’ « il ne s’attendait pas à un tel résultat ». Le Parti socialiste reste cependant en mauvaise posture, notamment sur la baisse de 61% de son nombre d’adhérents entre 2007 et 2018. Un nombre qui n’affole pas Rémi Féraud, « il y en a moins dans tous les partis politiques ». « Quand les gens sont adhérents au Parti socialiste, ils le sont vraiment ». Il reste persuadé que « le temps des partis reviendra, peut-être en changeant leur manière de fonctionner ».

Personnellement, le sénateur a vécu la présidence d’Emmanuel Macron « comme une aventure individuelle qui a énormément dérivée idéologiquement ». Un mandat qui a vu partir de nombreux « éléphants » du PS, ce que confirme Rémi Féraud : « ceux qui étaient en responsabilité lors du quinquennat de François Hollande se sont désinvestis du Parti socialiste ». Ils ont laissé « le parti orphelin ».

L’ancien président de la République, François Hollande, a d’ailleurs égratigné son ancien parti dans « Le Parisien » mardi 19 octobre, considérant les candidatures de gauche comme « lilliputiennes ». « C’est pas gentil ! », affirme Rémi Féraud, qui estime « ne pas avoir de commentaires là-dessus ». L’ex-président a aussi affirmé que le PS se marginaliserait s’il n’atteignait pas le second tour de l’élection présidentielle. Rémi Féraud se rend compte de ce risque et émet la possibilité que « peut-être que la gauche ne relèvera pas la tête ». Mais même dans ce moment très dur, le sénateur socialiste ne veut pas que son parti reparte de zéro, « ce n’est pas du tout le moment, là, il faut se lancer à fond dans la campagne ».

Le score d’Éric Zemmour dans les sondages : « il serait temps que les Français se réveillent »

Une campagne présidentielle où Anne Hidalgo devra forcément faire mieux qu’Éric Zemmour. Le polémiste reste bien placé dans les sondages car « la société française ne se pose pas les bonnes questions » selon Rémi Féraud. La popularité du polémiste s’explique aussi par le fait qu’ « énormément de gens cherchent à trouver un plan B par rapport à Marine le Pen ». Le sénateur regrette qu’ « on mette en scène du matin au soir un homme qui fait l’éloge de la collaboration ».

Il alarme sur la présence d’un candidat d’extrême-droite au second tour de l’élection présidentielle, « que l’extrême droite accède à la présidence de la République ça doit nous faire peur ». L’ancien maire du Xe arrondissement trouve toutefois que « les sondages d’aujourd’hui sont déséquilibrés » et reste persuadé que « la gauche va progresser ». Il appelle surtout les Français à réagir face à cette montée de l’extrême droite, « il serait temps que les Français se réveillent ».

Pour lui, Éric Zemmour « porte l’inverse des valeurs de la République » et « s’attaque aux étrangers, aux femmes, aux LGBT, à l’Europe et à l’État de droit ». Rémi Féraud conclut en avouant que si le président de la République Emmanuel Macron se retrouve face au polémiste ou à Marine Le Pen au second tour de l’élection « lui ou un autre, je le soutiendrai face à l’extrême droite ».

Écoutez l'émission en podcast :


Photo : Fréquence ESJ / Raphaël Bardenat

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