Philippe Goujon : "En France, on est les champions de l'interdiction"

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INTERVIEW / VIDEO - Dans "20H l'invité" , mardi 6 avril, Le maire Les Républicains du XVe arrondissement de Paris Philippe Goujon a vivement critiqué la stratégie du gouvernement pour contrer la crise sanitaire. Il accuse un manque d'anticipation qui aurait, selon lui, permis de ne pas refermer le pays.

Agacé, le maire du XVe arrondissement de Paris explique en avoir assez du manque de préparation du gouvernement. "Ces méthodes d'interdiction et de fermeture sont prises parce qu'on a pas mis en place les mesures qui permettaient de les éviter", assène-t-il.

10 000 verbalisations ce week-end de Pâques

Pendant le week-end de Pâques, 10 000 verbalisations en lien avec les règles sanitaires ont été dressées. "10 000, c'est finalement très peu", explique-t-il. "La France fait trop appel aux amendes, aux verbalisations, aux réglementations", pointe du doigt ce patriarche de la droite. "En France on est les champions de l'interdiction. Il faut faire plus appel à la responsabilisation des Français".

"Nous [les maires] n'avons aucun pouvoir de décision"

Cet ancien sénateur et député, rompu au jeu du débat démocratique, est las des directives à sens unique du gouvernement. En tant que maire, "nous avons des réunions en visioconférence tous les trois jours avec les préfets", nous détaille Philippe Goujon. "Mais dans ce tandem maire-préfet, le préfet demande et le maire exécute. On ne fait qu'appliquer la politique du gouvernement sans avoir aucun pouvoir de décision", déplore le maire parisien.

"Que ferait l'État sans les mairies ?"

Pourtant, Philippe Goujon tient à rappeler l'importance capitale qu'ont eu et ont toujours les mairies, les départements et les régions. "Les collectivités locales se sont engagées à fond pour participer à cet effort collectif, en matière de dépistage et de vaccination. Que ferait l'État sans les mairies ? », s'exaspère Philippe Goujon. Investi depuis toujours dans la ville de Paris, cet ancien benjamin du Conseil de bureau de Paris appelle aujourd'hui à une plus grande collaboration entre le gouvernement et les élus locaux.

"A Paris, le nombre de doses a diminué"

"Aujourd'hui, je peux vous le dire", répond Philippe Goujon  visiblement agacé, "le nombre de doses a diminué. On en reçoit moins." Le maire Les Républicains explique : "Cette semaine, nous avons pu vacciner 2 000 personnes dans le XVe. Mais ce n'était que des deuxièmes injections, aucune première injection." Philippe Goujon déplore donc un problème dans l'approvisionnement en doses. "Peut-être faut-il accepter d'autres vaccins qui ne sont pas encore acceptés ? ", envisage-t-il sans pour autant se prononcer sur un vaccin en particulier. "Peut-être, je ne sais pas", bredouille-t-il lorsqu'on l'interroge sur le vaccin russe Spoutnik V, toujours pas accepté par les autorités de santé européennes.

"Aucun intérêt à ouvrir le Stade de France"

"Le nombre de doses a diminué et il va continuer de diminuer dans les prochaines semaines", selon Philippe Goujon. En cause, les vaccinodromes. Le gouvernement a ouvert ces centres de vaccination massive un peu partout sur le territoire, notamment au Stade de France. Toutefois, "il n'y a aucun intérêt à ouvrir le Stade France dans ces conditions », selon lui. Au lieu de fournir de nouveaux stocks de vaccins, le gouvernement a, d'après Philippe Goujon, prélevé les doses dans les territoires voisins pour alimenter les vaccinodromes. "Les préfets nous le disent, il va falloir compenser sur les autres territoires." Une situation inacceptable pour le maire Philippe Goujon. "On a pas à réduire le nombre de doses des autres territoires pour alimenter ces vaccinodromes !"

Vaccinodrome au Stade France : "C'est ce que je fais dans le XVe quand on a les doses !"

"On a besoin des vaccinodromes", déclare finalement Philippe Goujon, plus modéré. "Mais uniquement lorsque nous avons les doses suffisantes, ils ne vaccinent que 10 000 personnes par semaine. C'est un peu plus de 1 000 personnes par jour. Moi c'est ce que je fais en mairie du XVe quand on a les doses ! On a pas besoin d'un stade qui peut remplir 500 000 personnes", peste-t-il. "Je dis pas que c'est de la comm' mais ça ressemble un petit peu à ça."

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Photo : Manon Blangis / Fréquence ESJ

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