Cédric Villani sur LREM : “On voit avec du recul qu’il y a des divergences importantes”

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INTERVIEW / VIDEO - Le député non inscrit et ancien membre de La République en Marche Cédric Villani est revenu, mardi 16 mars, sur son exclusion et son rapport au parti de la majorité. Il a pointé du doigt, au micro de Fréquence ESJ, un manque d’unité dans le parti et des mesures très insuffisantes sur la loi climat.

Exclu de La République en Marche en janvier 2020, Cédric Villani est aujourd’hui catégorique : “C’était inévitable”. “Si à l’époque, cela semblait être juste une dispute, commence-t-il, on voit maintenant avec les questions de programmes, le travail parlementaire que j’ai effectué depuis 1 an, qu’il y a sur le fond des divergences importantes”.

Le député apparaît calme et réfléchi après cette année écoulée. “Après avoir été dans cette extraordinaire confusion qu’était la campagne municipale, c’était naturel que je prenne un peu d’indépendance”, explique-t-il. Une année passée notamment à observer les politiques menées par le parti de la majorité. Majorité qui peine, selon lui, à faire corps. “Aujourd’hui, quelle est la ligne d’LREM ? demande Cédric Villani. C’est quelque chose qui n’est pas clair pour moi. Je ne sais même pas vous répondre !” s’étonne le député. Un manque de cohésion qui, il l’affirme, empêche le parti de prendre des décisions fortes, notamment sur la question du climat.

« La loi climat va-t-elle faire bouger les choses ? La réponse est non »

Très engagé sur la cause environnementale, Cédric Villani avait rejoint le groupe à l’Assemblée Écologie Démocratie Solidarité. Un groupe depuis dissout faute de membres, bien que ses députés continuent de travailler ensemble. Sur de nombreux sujets, Cédric Villani reste mesuré face à La République en Marche. Il ne se dit à aucun moment comme faisant partie de l’opposition et près de 80% de ses votes correspondent à ceux de la majorité. Sur la question écologique en revanche, Cédric Villani est sans appel : LREM ne fait pas assez. “Le projet de loi climat qui est en train d’être voté à l’Assemblée, est-ce qu’il va faire bouger les choses ? demande le député non inscrit. Est-ce qu’il va engager la France vers une trajectoire vertueuse à la hauteur des enjeux ? La réponse est non.

Les propos du député de l’Essonne sont aussi beaucoup plus accusateurs envers La République en Marche sur le sujet de la culture en période de Covid-19. Pour Cédric Villani, il y a, de la part du gouvernement, des “incohérences insupportables”.

Il faut arrêter de dire ‘essentiel’, ‘non-essentiel’

Une chose que Cédric Villani dit remarquer, c’est “à quel point notre système de culture a souffert”. Une souffrance mal accompagnée par le gouvernement qui aurait dû, selon le député et mathématicien, se référer davantage aux scientifiques. “S’il y a bien quelque chose qu’on peut dire avec du recul, c’est que quand il a fallu décider de ce qui restait ouvert et de ce qui devait fermer, il aurait fallu s’appuyer beaucoup plus sur les études, les publications scientifiques”. Un point de vue qui fâcherait sans doute le président de la République Emmanuel Macron, dont ses proches affirment qu’“il lit toutes les publications” au sujet de la pandémie. Le député, qui appelle à la réouverture des lieux de culture et des universités, cite notamment l’étude du professeur Arnaud Fontanet qui détaille que les principaux lieux de contaminations sont “les repas, le cadre professionnel et privé. Donc pas les lieux de culture”.

Dans une autre étude, allemande cette fois-ci, on apprend que les lieux de culture, les cinémas, les théâtres et musées sont les lieux où les risquent de contaminations restent le plus bas, alors même qu’ils restent “non-essentiels”. “Je crois qu’il faut arrêter de dire ‘essentiel’, ‘non-essentiel’, fustige Cédric Villani. C’est absolument dégradant”.

En Bretagne, on peut “ très clairement rouvrir les lieux de culture

La solution, pour Cédric Villani est donc de jouer la carte du local. “Il faut voir au cas par cas, région par région”. L’Île-de-France, actuellement dans la ligne de mire du gouvernement pour un nouveau confinement, ne devrait pas voir ses salles de cinéma rouvrir de sitôt. Ce n’est pas le cas de la Bretagne, selon le mathématicien, où les chiffres sont plus encourageants. “En Bretagne, on peut absolument, très clairement rouvrir les lieux de culture”, explique-t-il. D’autant plus pour “les lieux en plein airs” qui doivent, selon lui, rouvrir au plus vite.

Si un confinement au niveau national semble peu probable, la situation semble toutefois extrêmement incertaine. Le gouvernement doit annoncer de nouvelles mesures restrictives pour lutter contre l’épidémie jeudi 18 mars, à 18h.

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Photo : Manon Blangis / Fréquence ESJ

 

 

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