Anne-Laure Blin : « Où le gouvernement veut-il nous amener ? Il navigue à vue depuis 1 an, il s’isole ! ».

Anne_Laure_Blin_20h_12012021_Manon_Blangis_FrquenceESJ.jpg

INTERVIEW / VIDÉO - La députée Les Républicains Anne-Laure Blin était en direct dans « 20h, l’Invité », mardi 12 janvier, sur Fréquence ESJ. L’élue du Maine-et-Loire a regretté le manque de participation des collectivités locales depuis le début de la crise, ce qui, selon elle, a fait perdre un temps précieux.

Le Premier ministre a prévenu : si la situation sanitaire se dégrade, le gouvernement instaura un « troisième confinement sans délai ». Cette possibilité, Anne-Laure Blin, invitée de Fréquence ESJ, la regrette fortement. Pour la députée, qui au cours de l’émission a remis en cause toutes les stratégies gouvernementales sans les définir réellement, une participation plus active des élus locaux aurait été la solution. « Il aurait fallu que les élus de terrains soient consultés pour la campagne de dépistage et ils devraient l’être pour la campagne de vaccination ». Selon elle, ce manque de cohésion pose question : « Où le gouvernement veut-il nous amener ? Il navigue à vue depuis 1 an, il s’isole ». Cet isolement empêche, selon Anne-Laure Blin, a une stratégie de fonctionner efficacement : « Le gouvernement doit définir la stratégie nationale mais refuse d’entendre la différence entre les territoires. J’ai des restaurateurs dans ma circonscription qui n’accueillent que quelques personnes et qui doivent fermer. Demain, ils mettront la clé sous la porte ».

« Je suis inquiète car j’ai l’impression qu’on ne nous dit pas tout »

La campagne de vaccination connait une accélération fulgurante ces derniers jours (70 514 personnes vaccinées le 15 janvier). Malgré ces chiffres rassurants après un début de campagne timide, Anne-Laure Blin s’est montrée prudente : « Le gouvernement est aux manettes pour les vaccins, comme pour les masques et les vaccins où finalement nous sommes arrivés à une débandade sur le terrain ! ». Elle a remis en cause la façon dont les décisions étaient prises au sommet de l’État : « Le conseil de défense pose par lui même question, il faut que le gouvernement transmette les informations aux parlementaires pour qu’on puissent prendre les décisions ».

« C’est purement scandaleux ! »

Deux jours après les violences au sein du Capitole, le réseau social Twitter a décidé de suspendre le compte de Donald Trump. Le président des Etats-Unis avait encouragé les violences afin de contester l’élection de Joe Biden. Pour Anne-Laure Blin, cette décision « est purement scandaleuse » et interroge quant au pouvoir de ces entreprises privées : « on peut être d’accord ou pas avec Donald Trump mais c’est intriguant que des sociétés privées censurent un président sur des critères que l’on ne connait pas ». Salué par les démocrates, ce choix a inquiété des dirigeants politiques comme Angela Merkel. Le patron de Twitter a lui expliqué avoir pris « la bonne décision ». Si elle condamne cette suspension, Anne-Laure Blin souhaite au contraire que ces décisions soient prises plus régulièrement : « Ces mêmes réseaux sociaux en matière de terrorisme n’agissent pas, aujourd’hui on a beaucoup de mal a retirer les messages qui attisent la haine ». La députée souhaite qu’en France, les contenus signalés auprès de la plateforme pharos, fasse désormais « l’object de sanctions ».  

Anne-Laure Blin, élue le 27 septembre 2020, s’est exprimée au sujet de l’environnement. Son prédécesseur, redevenu maire, avait évoqué en 2019 un « prétendu réchauffement climatique ». Si pour la députée, le réchauffement de la planète est un constat, elle ne souhaite pas une « écologie punitive ». Le 14 janvier, une audience dans le cadre de « l’Affaire du siècle » se tenait à l’initiative de quatre ONG qui accusent l’État d’inactions climatiques. Anne-Laure Blin a parlé de « peur » quand elle entend parler d’Affaire du siècle : « cette écologie politique, punitive et dogmatique, je n’en veux pas. J’écoute plutôt l’ensemble des acteurs de la nature et je dénonce fermement les lobbys ».  

Regardez l'interview en vidéo 

 

Photo : Manon Blangis / Fréquence ESJ

 

 

Derniers articles