David Cormand : « La France fait des lois qui sont critiquées au titre du non-respect de l’État de droit par l’Union européenne »

(Reading time: 2 - 4 minutes)
David_Cormand_Manon_Blangis_Frquence_ESJ.png

INTERVIEW / VIDÉO - Le député européen David Cormand était dans « 20h, l’Invité » mardi 17 novembre, sur Fréquence ESJ. Le membre d’Europe Écologie Les Verts est revenu sur la très controversée loi de sécurité globale mais aussi sur l'ambition écologique du gouvernement.

« À chaque fois qu’on vous annonce plus de sécurité, tout en réduisant vos libertés, vous perdez les deux ! ». David Cormand commence par une mise en garde quand l’article 24 de la loi de sécurité globale est évoqué. Visant à sanctionner toute diffusion malveillante d’images de forces de l’ordre en action, ce texte a mis le feu aux poudres dans un pays déjà fortement sous tension en raison de la crise sanitaire. « Le Conseil constitutionnel sera tenu de vérifier la conformité de l'article 24 à la Constitution » a assuré le Premier ministre après que des députés, de la majorité y compris, aient alerté sur la dangerosité de cette loi. Un fait qu’apprécie David Cormand : « ça me rassure que des parlementaires servent de lanceurs d’alertes au sein de la majorité ». Pour l’eurodéputé, cette loi « n’est pas la promesse de campagne d’Emmanuel Macron ». Ce texte, en particulier, inquiète les journalistes mais aussi l’ONU, ce qui prouve son danger pour David Cormand : « quand l’ONU alerte sur cette loi, je suis extrêmement inquiet ». Il insiste en expliquant la façon dont ses collègues eurodéputés la perçoivent : « La France fait des lois qui sont critiquées au titre du non-respect de l’État de droit par l’Union européenne ». Jean Castex, qui refuse de retirer l’article litigieux, a instauré jeudi 26 novembre une commission pour une nouvelle écriture de l’article 24. Pour David Cormand : « le Conseil constitutionnel va trancher cette affaire-là ». Mais même en cas d’approbation, il prévient : « ce n’est pas parce qu’une loi est conforme à la constitution, qu’on ne peut pas considérer qu’elle est mauvaise ».

30 milliards pour l’écologie dans le plan "France Relance" : « j’attends de les voir ».

David Cormand a adhéré aux verts en 1999. Son parti devenu Europe Écologie Les Verts, il devient membre du bureau exécutif avant d'en être nommé secrétaire national en 2016. Une nomination qu’il a jugée difficile après la démission d’Emmanuelle Cosse, nommée au gouvernement. Fervent défenseur de l’environnement, la crise du coronavirus ne représente pour lui « ni un frein, ni une chance pour l'écologie». Il considère en revanche que la crise écologique « est la cause qui fait que nous sommes dans les tourmentes actuelles ». Annoncée le 22 novembre, la création du délit d’écocide est « une bonne chose » pour David Cormand. Cette proposition avait été formulée par la convention citoyenne sur le climat et permettra de sanctionner deux délits : celui "général de pollution" et celui "de mise en danger de l’environnement". Même si le député européen salue cette mesure, il explique que « cette loi, si elle est adoptée, c’est l’application en France d’une directive européenne qui date de 2008 ». Autre « bonne nouvelle » pour l’écologie, l’attribution de 30 milliards d’euros du plan de relance sur les 100 que ce dernier contient. David Cormand, prudent à ce sujet, attend la mise en place de ces investissements : « j’attends de les voir, pour l’instant, je n’ai rien vu ». Concernant les attentes autour d’Europe Écologie Les Verts pour la prochaine présidentielle, David Cormand demande à ce qu’on laisse du temps au parti : « Il faut nous laisser 5 minutes, il y a déjà eu des victoires importantes aux municipales et aux européennes ».

 

REGARDEZ L'émission EN VIDÉO

 

 

Photo : Manon Blangis /Fréquence ESJ 

Derniers articles