Jean Messiha : « Ce que je n’ai pas aimé, c’est de constituer pour Marine Le Pen une source de gêne »

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INTERVIEW / VIDEO – Jean Messiha a quitté le Rassemblement national et sa place au bureau national du parti, mardi 3 novembre. Une semaine plus tard, il a expliqué les raisons de cette décision dans « 20h, l’invité » sur Fréquence ESJ.

 

Visage médiatique du Rassemblement national depuis plus de quatre ans, Jean Messiha a décidé de quitter le parti mardi 3 novembre. Mais pourquoi une telle décision ? Des « déceptions successives » et des désaccords sur les « questions d’identité » ont été évoqués. L’énarque de 50 ans avait également expliqué dans le magazine Valeurs actuelles avoir été « écarté des européennes et des municipales à Paris » et n’avoir eu que « des strapontins » pour les régionales et les départementales. Jean Messiha assure pourtant dans « 20h, l’invité » mardi 10 avril, n’avoir jamais considéré faire une carrière dans la haute fonction publique. « Pas plus d’ailleurs que je ne considère faire carrière dans la politique » ajoute-t-il. Il précise ne pas être « polarisé sur l’évolution de ses échelons administratifs ». Regrette-t-il le fait que le Rassemblement national ne lui ait fait aucune proposition concrète ? L’ancien membre du bureau national assure avoir pris un engagement politique bénévole de cinq années sans attendre aucun retour, « ni financier, ni politique, ni même symbolique ». Mais un engagement qui n’aurait tout de même pas été honoré à sa juste valeur : Jean Messiha laisse échapper que « quand on estime à un moment, à tort ou à raison je ne sais pas, que son engagement et ses compétences ne sont pas reconnus, on en tire les conséquences ».

« C’est effectivement une divergence de ligne »

Autre raison du départ du délégué « études et argumentaires » du Rassemblement national : la question de l’Islam. A la suite de l’attentat de Conflans-Sainte-Honorine, Jean Messiha avait déclaré que « la décapitation de l’enseignant n’était pas un acte terroriste, mais celui d’un musulman en colère ». Marine Le Pen s’était alors désolidarisé de ces propos et avait fait la différence entre musulmans et islamistes. Une différence que refuse de faire Jean Messiha. « C’est effectivement une divergence de ligne » explique-t-il. L’attentat de Conflans-Sainte-Honorine « a mis le sujet identitaire sur la table et peut-être qu’à cette occasion les divergences, qui étaient latentes jusque-là, sont apparues au grand jour ». Être plus souverainiste qu’identitaire ou plus identitaire que souverainiste ? Il appartient de toutes façons au « chef de mettre en musique ces différences » pour Jean Messiha. Les différences auraient donc été trop grandes cette fois-ci.

« Je n’ai aucun contentieux avec Marine Le Pen, au contraire »

Jean Messiha a tenu à réaffirmer n’avoir aucun problème avec la présidente du Rassemblement national. « Ce que je n’ai pas aimé, c’est de constituer pour Marine Le Pen une source de gêne […] Je n’ai aucun contentieux avec Marine Le Pen ». La présidente du Rassemblement nationale se serait d’ailleurs « retrouvée sous les feux croisés à la fois de l’intérieur et de l’extérieur » explique-t-il. Ne souhaitant pas apporter plus de problème, Jean Messiha s’est donc retiré de la vie du parti mais pas de la vie politique. « J’ose espérer […] que je continuerai à avoir une vie médiatique qui me permettra de continuer à défendre mes idées ».

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Photo : Fréquence ESJ

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