Michèle Victory sur l’appel à une candidature commune de gauche à l’élection présidentielle : « cette union est absolument essentielle et primordiale »

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INTERVIEW / VIDEO – La députée socialiste Michèle Victory estime que construire un socle d’idées communes à la gauche pour l’élection présidentielle de 2022 est nécessaire. Elle était l’invitée mardi 13 octobre de « 20h, l’invité » sur Fréquence ESJ.

« Je souhaite une union des forces de gauche depuis longtemps ». La réponse de Michèle Victory, députée socialiste, à « l’Appel des 1000 » est catégorique. Samedi 10 octobre, mille responsables et militants politiques, syndicalistes et intellectuels ont appelé à une « candidature commune » à l’élection présidentielle de 2022. Une candidature qui se présenterait comme une « alternative écologiste, sociale et démocratique ». Mais une coalition de gauche comme le Front populaire en 1936 est-elle possible aujourd’hui ? Pour Michèle Victory, oui : « sans utopie, on ne fait pas de politique ». La députée reste tout de même réaliste : « Évidemment, il y a certains partenaires avec qui ce sera plus facile qu’avec d’autres […] J’imagine mal la France insoumise se décider à venir travailler avec nous aujourd’hui ». Pourtant, la tribune a été signée par des élus de tous les partis dont Clémentine Autain, députée La France insoumise.

« Ce n’est pas tellement les idées qui nous gênent, c’est souvent une question d’hommes et d’égaux »

Ce travail d’union de la gauche, Michèle Victory assure qu’Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti socialiste, y travaille depuis longtemps, notamment pour « créer, tisser des véritables liens ». Pour y arriver, la députée de la deuxième circonscription d’Ardèche préconise de ne pas prendre la tâche à l’envers. « Il faut commencer par ce programme » avant que des personnalités puissent s’y investir. L’ancien Président de la République, François Hollande, a appelé, lui, à « bâtir un programme commun » à gauche. Une idée qui semble déjà compromise rien qu’en prenant l’exemple de l’Union européenne. Alors que La France insoumise et le Parti communiste sont en rupture avec l’Union européenne, le Parti socialiste s’y investit. Ces différences ne sont pourtant pas un obstacle pour Michèle Victory. « Je pense que le projet est un socle et que le projet peut évoluer avec le temps ». Le problème ne serait d’ailleurs pas la construction d’un programme : « Ce n’est pas tellement les idées qui nous gênent, c’est souvent une question d’hommes et d’égaux, d’hommes et de femmes, de personnalités et de comptes à régler ». Pour le moment, Michèle Victory ne voit personne comme candidat en 2022, même si un nom finit tout de même par lui échapper. « Christiane Taubira est une femme remarquable. […] C’est une personnalité qui me séduit. C’est une personnalité qui me paraît être à la hauteur de cette tâche absolument énorme ». 

« Je pense que ça se fera »

Pour la députée socialiste, cette candidature commune est aussi une nécessité. « Je ne vous dirai pas qu’on est sûr d’arriver à atteindre cet objectif mais il le faut absolument ».  Avec 6% à la dernière présidentielle, le Parti socialiste est au plus bas et Michèle Victory ne s’en cache pas. A la question de savoir si le PS est incapable de gagner une élection aujourd’hui, la réponse fuse. « Évidemment ». Mais cette union n’est pas non plus là pour sauver les pots cassés du parti socialiste. Cette union va plus loin : « le Parti socialiste est composé d’hommes et de femmes de gauche qui ont envie que les choses avancent, bougent et qui sont prêts à avancer eux aussi dans leur réflexion, dans leur façon de voir les choses pour arriver à cette union qui est absolument essentielle et primordiale ». Michèle Victory est sûre d’elle : « Je pense que ça se fera ».

Regardez l’émission en vidéo 

Photo : Fréquence ESJ 

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