Ludovic Mendes : « Le gouvernement n’a pas cédé à la police »

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INTERVIEW / VIDEO - Ludovic Mendes, député La République en Marche de la 2e circonscription de la Moselle, a assuré que la justice n’avait pas de « mal à condamner la police », mardi 16 juin, dans « 20h, l’invité ». Il a également expliqué que LREM a pu faire quelques erreurs dans sa gestion des élections municipales.

 

Depuis la mort de George Floyd aux Etats-Unis et les révélations sur des échanges racistes de policiers sur Facebook, les manifestations se multiplient en France pour dénoncer le racisme et les violences policières. Alors que Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, avait annoncé l’interdiction de la clé d’étranglement lors des interpellations, il a rapidement fait machine arrière à la suite des protestations des syndicats de police. Ludovic Mendes assure que « le gouvernement n’a pas cédé à la police ». Des propos qui pourraient faire sourire les Gilets Jaunes pour qu’il aura fallu plusieurs semaines de manifestation avant qu’Emmanuel Macron ne fasse des concessions.

Dans ce climat de tension entre les forces de l’ordre et une partie de la population, l’impunité policière était aussi pointée du doigt. Une impunité qui n’existe pas, selon le député En Marche, qui explique que « l’IGPN - Inspection Générale de la Police Nationale - a été saisie à plusieurs reprises. Il y a eu plusieurs remontées de dossiers, certains ont été démis de leur fonction, d’autres ont eu des condamnations ». Ludovic Mendes assure que « L’IGPN fait très bien son travail ». À ce jour, deux policiers ont été condamnés pour violence volontaire à une peine de deux mois de sursis. Pour le député LREM, « on n’a pas de mal à condamner la police ».

Ludovic Mendes a d’ailleurs apporté son soutien aux policiers qui sont « des êtres humains qui, tous les samedis, ont pris sur la tête des pavés, se sont fait insulter, ont vu des villes cramer. Humainement, il peut arriver à tout le monde de perdre son sang-froid et, de temps en temps, faire des choses répréhensibles ».

« La relance de l’économie peut permettre d’éviter une relance de l’impôt »

Lors de son allocution dimanche 15 juin, Emmanuel Macron a annoncé l’axe de sa politique économique afin de faire face aux conséquences de la crise sanitaire. Le président de la République a surtout annoncé que le rebond économique ne sera pas financé par une hausse des impôts. « La relance de l’économie peut permettre d’éviter une relance de l’impôt » affirme Ludovic Mendes, « Aujourd’hui, relever les impôts alors qu’on s’est battu pour les descendre, que ce soit sur l’impôt sur le revenu ou sur la taxe d’habitation, ça serait un non-sens ».

Pour relancer l’économie, une possible augmentation du temps de travail a notamment été évoquée. Le député de la Moselle s’est voulu rassurant, malgré l’appel d’Emmanuel Macron à « travailler et produire davantage » : « Ce n’est pas parce qu’on n’augmente pas les impôts qu’on demande automatiquement de travailler plus. Après, il y aura sûrement des besoins […]. Maintenant, ça ne passe pas que par l’impôt, il y a l’Union européenne qui va nous donner un coup de main important. Il y a 500 milliards d’euros sur la table ». Lors de son allocution, le chef de l’Etat a également expliqué que « la reconstruction économique, écologique et solidaire sera la clé de notre indépendance ». Pour Ludovic Mendes, ce projet est réalisable si les entreprises polluantes comme Airbus et Renault sont poussées vers la transition écologique. « C’est par la relance économique qu’on pourra faire plus d’écologie et faire rentrer notre industrie dans le 21e siècle ».

« Ce n’est pas simplement une erreur d’étiquette politique »

Le 28 juin, le second tour des élections municipales aura lieu dans près de 5 000 communes. La République en Marche se trouve être en très mauvais position. Sur les 181 619 sièges municipaux déjà attribués, le parti de la majorité n’en a recueilli que 268. Pour le second tour, les sondages ne se montrent pas non plus optimistes, ni pour Agnès Buzyn à Paris, ni pour Violette Spillebout à Lille. Ludovic Mendes explique cette déroute par « des problématiques d’organisation territoriale. On n’a pas su, après la présidentielle et les législatives, faire monter une nouvelle génération sur nos territoires ». Auprès des français, l’étiquette LREM n’a plus la cote. Le constat se fait même à Lyon où le maire sortant, Gérard Collomb, qui fut l’un des premiers fidèles d’Emmanuel Macron, est arrivé en quatrième position au premier tour des élections métropolitaines. Quatrième derrière les écolos, Les Républicains et des dissidents de LREM. « Ce n’est pas simplement une erreur d’étiquette politique », nous explique le député LREM, « il y a aussi des erreurs humaines qui sont faites […]. Je ne parlerais pas d’un parti divisé mais d’un parti jeune qui fait encore des erreurs et qui se construit au fur et à mesure du temps ». Après la défaite des européennes face au Rassemblement National et le fiasco à venir des élections municipales, l’avenir de LREM reste trouble. Mais Ludovic Mendes reste certain que le parti va survivre jusqu’en 2022 pour la prochaine élection présidentielle : « Oui, on sera là en 2022, et j’espère qu’on sera là unis et pas désunis ».

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Photo : Karim SIARI

 

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