Aurélien Pradié sur les violences conjugales : "Le gouvernement a été infoutu de passer aux actes"

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INTERVIEW / VIDEO - Aurélien Pradié, secrétaire général du parti Les Républicains et député de la 1ère circonscription du Lot, a dénoncé l'inaction de l'exécutif face aux violences familiales durant le confinement. Il a également souligné une absence d'aide pour préparer la rentrée scolaire, mardi 19 mai, dans « 20h, l’Invité ».

 

Si le confinement protège contre la pandémie de Covid-19, il favorise également les violences familiales. Pascal Vigneron, directeur du Service national d'accueil téléphonique pour l'enfance en danger, a rapporté que le nombre d'appels au 119 avait augmenté de 35% entre le 16 mars et le 19 avril par rapport à la même période en 2019. Le député Républicains Aurélien Pradié dresse, lui aussi, un constat amer. "Depuis plusieurs jours, je tente d'avoir des chiffres, […] des chiffres officiels, ceux du ministère de la Justice, sur les actions qui ont été engagées. Nous n'avons toujours pas les chiffres précis de cette situation même si nous savons que ça a explosé". En octobre 2019, le secrétaire général des Républicains avait vu sa proposition de loi, visant à agir contre les violences faites aux femmes, adoptée.  Il regrette aujourd'hui que l'usage des bracelets anti-rapprochement, inscrit dans sa loi, n'ait pas encore été appliqué par le ministère de la Justice. Aurélien Pradié déplore également un manque de volonté du gouvernement pour faire face au fléau des violences familiales : "Cette impréparation n'est pas seulement durant la période du confinement, avant même le confinement et après le confinement, on voit bien que ce gouvernement a beaucoup parlé sur les violences conjugales mais a peu agi". Et quand bien même il y aurait des moyens de détections, "c'est l'action qui protège les femmes" rappelle Aurélien Pradié. A savoir, celle des forces de l'ordre et de la justice, et qui n'est toujours pas au rendez-vous selon lui. Pour lui, "le gouvernement a été infoutu de passer aux actes".

"Il faut être vigilant à conserver une vie sociale pour les enfants"

4 000 collèges en zone verte ont recommencé à accueillir leurs élèves depuis une semaine. Cette initiative de rouvrir les écoles alors que le contexte sanitaire exige encore une grande prudence a été remise en question. Aurélien Pradié avait déjà dénoncé une rentrée "mal préparée" et "précipitée", un manque d'organisation imputable au gouvernement. Élu municipal dans le village de Cœur de Causse, Aurélien Pradié explique avoir lui-même pris part à l'organisation de la rentrée scolaire : "On nous a envoyé 50 pages de bla-bla pour nous expliquer qu'il fallait que les enfants se lavent les mains, qu'il fallait les tenir à un mètre de distance chacun. Des choses qui sont impossibles réellement à faire sur le terrain". Il dénonce également l'absence d'aide de l’Etat pour financer cette rentrée précipitée, jugeant que les tests de dépistage pour les enseignants mais aussi toute aide matérielle devraient être à la charge de l'Éducation Nationale et non aux communes qui sont déjà en manque de moyens. Le député du Lot ne manque pas, au passage, d'égratigner le Conseil scientifique : "Le Conseil scientifique, au départ, avait dit qu'il fallait attendre septembre [pour la rentrée], le président de la République a dit qu'on allait ré-ouvrir les écoles et le Conseil scientifique ensuite a dit que, finalement, on pouvait ré-ouvrir les écoles. C'est là aussi où on voit la limite de crédibilité, pardon, de légitimité du Conseil scientifique qui n'est pas un pouvoir politique". Face à ces consignes de distanciation qui pourraient se révéler excessives pour les enfants, Aurélien Pradié pose comme limite le "traumatisme psychologique" qu'elles peuvent susciter.  "Il faut être très vigilant à conserver une vie sociale pour des enfants qui ne sont pas habitués à être totalement dépourvus de cette vie sociale là".

Le plan de relance européen est « un chemin de perdition »

Emmanuel Macron et Angela Merkel ont annoncé, lundi 18 mai, un plan de relance européen à hauteur de 500 milliards d'euros pour soutenir l'économie européenne, affectée par la pandémie de coronavirus. Ce plan de relance, Aurélien Pradié a envie d'y croire mais émet des réserves : "Il faut que tous les autres pays européens soient d'accord pour porter ce plan, ce qui n'est pas du tout acquis", argue-t-il. Avec raison. Des responsables des pays du nord de l'Europe se sont montrés critiques envers ce plan, tels que la Suède, le Danemark mais aussi… l'Allemagne.

Aurélien Pradié se méfie aussi de la communication d'Emmanuel Macron qui "s'est souvent faite sur le dos de l'Europe". Il redoute que ce plan se fasse au détriment de la souveraineté des nations. Pour le député LR, le vrai sujet dans cette actualité est celui de la dette que ce plan pourrait engendrer : "500 milliards, c'est démesuré. On sait très bien qu'une dette de 500 milliards ne se remboursera pas à l'échelle d'une vie humaine. […] On est en train d'exploser des dogmes qui avaient été posés qui font qu'aujourd'hui cette dette-là devient quasiment fictive". Presque fictive en effet, car les pays bénéficiaires de cette aide n'auront pas à la rembourser directement. C'est le budget de l'UE, financé par les états-membres, qui y contribuera. Bien qu'il affirme qu'on "a besoin de l'Europe pour surmonter une crise comme celle-ci", l'idée d'une telle dette rend Aurélien Pradié critique : "Personne ne remboursera cette dette. […] Ce cheminement-là d'économie fictive, irréelle, dans laquelle nous sommes entrés, c'est un chemin de perdition". Reste à savoir si les autres États-membres de l'Union européenne seront du même avis. 

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Photo : DDM Archives

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