Raphaël Schellenberger : "Il n’est pas garanti que les masques seront disponibles le 11 mai"

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INTERVIEW / VIDEO - Mardi 14 avril, Raphaël Schellenberger, député Les Républicains (LR) de la 4e circonscription du Haut-Rhin, était l’invité de notre émission « Sortez dedans ! L’info ». L’élu du Grand Est s’est montré perplexe quant aux annonces d’Emmanuel Macron sur le déconfinement, sur la distribution des masques et des tests pour tous les français. Il a également remis en question l’utilité des Agences Régionales de Santé (ARS) dans la gestion de la crise sanitaire.

 

Au lendemain de l’allocution d’Emmanuel Macron qui a annoncé un début de déconfinement pour le 11 mai, Raphaël Schellenberger reste dubitatif : « On a déjà vu ce matin le Ministre de l’Intérieur contredire un peu le Président de la République, le Ministre de l’Éducation Nationale tempérer les propos sur l’ouverture des crèches, des maternelles, des écoles primaires. Il reste beaucoup de flou ». Christophe Castaner a en effet précisé le matin du 14 avril sur France Inter que la date du 11 mai était un "objectif" et non une "certitude". Il a tenu à rappeler aux français qu’il fallait faire preuve de discipline face à la pandémie de coronavirus. Jean-Michel Blanquer a, quant à lui, précisé que la rentrée des classes le 11 mai sera progressive, à l’image du déconfinement, pour ne pas relancer une seconde vague épidémique. Quant à la promesse d’Emmanuel Macron sur la distribution de masques et de tests de dépistage pour tous les français à partir du 11 mai, le député du Haut-Rhin reste aussi perplexe. « Il n’y a pas encore les garanties que les masques seront forcément disponibles le 11 mai pour déconfiner aussi largement qu’on le souhaite, et que les tests seront fiables et disponibles à cette date non plus ». Raphaël Schellenberger ajoute cependant que la relance économique est tout de même importante, mais qu’il faut se donner les moyens de reprendre l’activité et ne pas mépriser les consignes de sécurité. « La vie continue, la consommation continue, il faut continuer à produire des richesses parce que l’État ne pourra pas indéfiniment subventionner la vie à la maison ». 

« Les ARS ne servent à rien »

Pour le député républicain, obtenir les masques et les tests doit être une priorité de l’État si Emmanuel Macron souhaite tenir son engagement. Mais Raphaël Schellenberger regrette les incohérences de la part de l’État sur le port du masque : « On a quand même expliqué aux Français que porter un masque, c’était pas important parce qu’on n’en avait pas. Maintenant qu’on pense pouvoir en avoir, on explique qu’il va falloir en porter ». La création d’une application de tracking voulue par le Gouvernement et mentionnée par Emmanuel Macron lors de son allocution pose aussi plusieurs questions, notamment sur la confidentialité des données. Raphaël Schellenberger pense que cette application n’est pas la priorité : « Tant qu’on n’est pas en mesure d’obtenir [les tests et les masques], ce n’est même pas la peine de discuter de savoir si on est capable ou pas d’avoir 60% de français qui, sur la base du volontariat, acceptent de souscrire à une telle application ».

Selon Raphaël Schellenberger, la France investit suffisamment dans la santé mais ces moyens ne reviennent pas assez au terrain et se perdent dans des strates intermédiaires : « L’apprentissage principal de cette crise, c’est que les ARS ne servent à rien. Ces grandes superstructures technocratiques régionales censées piloter ce genre de crise n’ont servi à rien et le limogeage du directeur de l’ARS du Grand Est, il y a quelques jours, en est un bel exemple ». Si les hôpitaux publics manquent de moyens sur le terrain et que l’État doit y concentrer ses investissements pour le député du Haut-Rhin, le Covid-19 a démontré qu’aucun système de santé n’était prêt à faire face à cette épreuve.

Regardez l'interview en vidéo

Photo: Manon Blangis / Fréquence ESJ (archives)

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