Thierry Coué : « Est-ce que c’est de ma faute si le changement climatique est là ? »

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INTERVIEW - Thierry Coué, vice-président de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) a défendu l’utilisation des pesticides et notamment du glyphosate de façon réglementaire, samedi 22 février, dans l'émission « Social Café » de Fréquence ESJ, au salon de l’agriculture.

 

Thierry Coué, aujourd’hui vice-président de la FNSEA, a d’abord fait ses armes dans une coopérative avant d’adhérer aux Jeunes Agriculteurs, le CFJA à l’époque. Fin connaisseur de la filière porcine, il s’est rapidement occupé de dossiers basés sur l’aspect environnemental pour défendre les intérêts de la profession sur les méthodes d’élevage. Il était important pour lui et notamment au sein de la FNSEA de « se défendre pour dire qu’on n’était pas des sauvages, qu’on aimait nos animaux et qu’on faisait les choses correctement ». Un dossier qui était selon lui pas seulement « à défendre auprès de l’opinion mais également auprès des pouvoirs publics ». La FNSEA permet également de faire le lien entre les agriculteurs et les décisions du gouvernement notamment sur les règlementations : « il faut qu’une réglementation soit applicable sinon ça reste un texte sans vie ».

Thierry Coué est également président de la Fédération régionale des syndicats d'exploitants agricoles en Bretagne. Un rôle qui lui permet de représenter tout le panel de l’agriculture bretonne : « je représente le légume, le porc, la volaille, le bœuf, le végétale : les grandes productions bretonnes. Avec à la fois les territoires et les hommes ». Un rôle qu’il prend à cœur en défendant l’agriculture et en n’en montrant les qualités et les biens faits. L’agriculture est ainsi, selon lui, le « premier recycleur au monde et le premier de la classe en France ». Le monde agricole est donc prêt pour la transition écologique. Pourtant, Thierry Coué assure que « dans l’opinion, il y a un décalage de 10 à 20 ans ». « On est pris quand même dans des injonctions très contradictoires. On nous dit : faites du bien-être, mais c’est notre travail de tous les jours. Si on ne faisait pas de bien-être, les animaux nous le rendrait mal » explique-t-il. Pour le vice-président de la FNSEA, le problème est là. « Il y a une méconnaissance de l’opinion publique. ». « Tous les citadins, voire les néo-ruraux de moins de 40ans, n’ont jamais été chez un grand-parent qui élevait des animaux, ou n’ont jamais été à la campagne ». Le contact entre les agriculteurs et le reste de la population est bien moins courant qu’avant. Pourtant, c’est un engrenage que les agriculteurs essayent de limiter « on a fait des efforts énormes d’accueil à la ferme, de ferme ouverte, de bienvenue à la ferme. Toutes les choses où on ouvre nos bâtiments » mais cela ne suffit pas forcément.

« Les exploitants agricoles font usage de produits autorisés »

Pour Thierry Coué, le problème de la transition écologique est pris à l’envers. « Est-ce qu’on va continuer à grignoter des terres agricoles, à les artificialiser, alors que ça, c’est le premier facteur de modification du climat ? ». Défendre les terres agricoles, « la première captation du carbone » est donc pour le vice-président de la FNSEA une priorité. Le secteur bovin est quant à lui montré du doigt pour son bilan carbone inquiétant. Thierry Coué l’assure : « On raconte surtout n’importe quoi. Quand on dit qu’un bovin a besoin de 15 000 litres d’eau, oui, sauf qu’on compte l’eau qui tombe sur les grandes prairies. Est-ce que vous comptez l’eau dans votre consommation qui tombe sur votre pelouse ? ». « Est-ce que c’est de ma faute si le changement climatique est là ? Sans doute un peu mais pas plus que les autres ».

Thierry Coué est également revenu sur l’utilisation des pesticides dans les exploitations en comparant ces derniers au savon. Les pesticides sont « un outil comme vous vous avez le savon chez vous pour vous laver les mains. Si vous mangez du savon, ce n’est pas terrible ». De ce fait, il explique que « c’est toujours une question de dosage ». La FNSEA n’est donc « ni pour ni contre » les pesticides. Les agriculteurs qui utilisent des produits tel que le glyphosate ont reçu l’approbation des scientifiques sur le sujet puisque en France, « les exploitants agricoles font usage de produits autorisés ». Des produits qui ne sont donc pas dangereux si on respecte les doses et les utilisations, selon Thierry Coué. Le vice-président de la FNSEA conclut donc que « si c’est pour dire qu’il faut tout interdire, ok, mais on interdit la voiture demain. Parce que la voiture, c’est bien plus polluant que nos produits de défense des végétaux ».

 

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Photo : Paysanbreton

 

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