Nathalie Arthaud : « Il faut renverser le pouvoir en place ! »

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INTERVIEW - Présent sur 50 listes de plus qu’en 2014 et dans plus de 220 villes de l’hexagone, Lutte Ouvrière cherche à se faire entendre. Où en est le parti politique à une semaine du premier tour des élections municipales ? Nathalie Arthaud, sa porte-parole, s’est exprimée sur les perspectives du parti, au micro de Fréquence ESJ, samedi 22 février, au Salon de l’Agriculture. La candidate à Pantin a également souligné le mal-être entre les agriculteurs et le pouvoir en place depuis des années.

 

Le coup d’envoi du premier tour des éléctions municipales sera donné dimanche 15 mars. Selon les derniers sondages, Nathalie Arthaud et son parti Lutte ouvrière obtiendraient seulement 1% des suffrages. Un faible pourcentage qu’elle justifie par un décalage entre le monde agricole et le pouvoir, depuis des années. « Une grande partie du monde ouvrier s’est complètement détournée des urnes. Elections après élections, les travailleurs se rendent compte que leur sort ne change pas. Personne ne les aide pour leurs galères quotidiennes, pour trouver un emploi, pour vivre dignement de leur travail. Quant aux autres, à l’approche des échéances éléctorales, ils se retrouvent coincés à devoir choisir entre la peste et le choléra. Aujourd’hui, pour des millions de travailleurs, les éléctions ne sont plus la possiblité d’exprimer ce qu’ils pensent ». Les résultats importent peu la porte-parole du parti d’extrême gauche qui base sa campagne sur le dialogue. « Pour toute éléction, nous avons l’ambition de permettre au camp des travailleurs de se faire entendre, de faire entendre leur révolte ».

Une alliance entre les partis de gauche permettrait à la candidate d’obtenir un plus gros nombre de voix. Cette idée n’est pourtant pas envisageable selon Nathalie Arthaud : « Nous ne représentons absolument pas les mêmes perspectives. Nous ne ferons pas croire, aux travailleurs, qu’il est possible de se protéger de toutes les attaques qui leur tombent dessus sans se battre et sans avoir à renverser cet ordre social. C’est ce qui fait la différence entre la lutte ouvrière, la France Insoumise, le Parti Communiste et nous ». Renverser l’ordre social donc, en passant par des mouvements sociaux : « Ce que l’on veut obtenir, on l’obtiendra au rapport de force ».

« Les agriculteurs sont dépouillés par les banques et la grande distribution »

Un tiers des agriculteurs se disent proche du burn out. 61% sont pessimistes quant à l’avenir de la profession. La candidate à Pantin a tenu à souligner et à expliquer le mal-être croissant entre les agriculteurs et le pouvoir. « Dans la société, il y a les petits et les gros. 30% des agriculteurs ont du mal à se verser un SMIC à la fin du mois ! Ils travaillent pour les transformateurs, pour les grands distributeurs, pour les banques. Ils ont l’impression d’être indépendants des chefs d’entreprises mais en réalité ils sont exploités par les industriels de l’agriculture. Ils sont parasités par les banques, dépouillés par la grande distribution. De ce point de vue là, la loi EGalim n’a rien réglé ! ».

La production locale paraîtrait comme l’une des solutions pour rapprocher l’agriculteur du consommateur, même si elle présente de nombreuses limites pour Nathalie Arthaud : « La consommation locale peut permettre de faire vivre, à peu près dignement, un certain nombre de petits agriculteurs. Mais on ne peut pas généraliser !  Cela ne marchera que si l’on contrôle l’ensemble du système et que si l’on renverse ceux qui, aujourd’hui, sans rien faire de leur dix doigts, captent l’essentiel des richesses produites. Si on laisse faire, on court à la catastrophe ».

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Photo : Manon Blangis / Fréquence ESJ 

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