Jérôme Guedj : « Le gouvernement fait preuve d’une forme d’autoritarisme »

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INTERVIEW - Jérôme Guedj, conseiller départemental de l’Essone, a dénoncé la faiblesse du gouvernement dans l'utilisation du 49-3 pour la réforme des retraites. Il est resté plus modéré sur la polémique autour des revenus des dirigeants de la FNSEA, mardi 25 février au micro de Fréquence ESJ.

 

Samedi 29 février, le gouvernement annonce qu’il compte utiliser le 49-3 pour la réforme des retraites. Cet article, le 49-3, permet de faire passer un projet de loi sans vote à l'Assemblée nationale. L’annonce de son utilisation confirme les inquiétudes de Jérome Guedj, exprimées quelques jours plus tôt au Salon de l’agriculture. Le socialiste avait estimé que l’utilisation du 49-3 serait « un aveu d’échec pour le gouvernement ». Ce passage en force aurait été contraint par les dizaines de milliers d’amendements déposés par l’opposition selon le Premier ministre. Pour Jérôme Guedj au contraire, il ne faut pas parler de « blocage » mais « d’une seule réponse possible pour montrer la dangerosité d’une réforme ». Les deux années de grand débat n’ont donné pour lui qu’un « texte à trou ». La réforme qualifiée « d’indispensable » par le gouvernement se révèlerait être une « réforme de régression ». Pour le conseiller départemental de l’Essonne, « tous les moyens de l’opposition démocratique auront été utilisés » et le plus grand perdant est l’État qui « fait preuve d’une forme d’autoritarisme ».

« Il y a différents niveaux de responsabilités »

Quelques jours avant l’ouverture du salon de l’agriculture, Mediapart sort une enquête révélant les salaires et les différentes sources de rémunération des dirigeants de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA). Des salaires mirobolants « assumés » par le syndicat agricole qui a de son côté porté plainte contre le journal pour vol d’informations. Jérôme Guedj ne souhaite pas faire de « démagogie » à ce sujet. Selon lui, « il y a différents niveaux de responsabilités » et certains salaires sont fixés en fonction de ces niveaux de responsabilités. L’ancien député socialiste pense ainsi que « la transparence totale aboutie à rendre les gens très vulnérables » même s’il trouve que certains salaires sont disproportionnés. « 14 000 euros par mois, c’est plus qu’un ministre ou que le chef de l’État » souligne-t-il. 13 400 euros bruts mensuels, c’est le salaire que toucherait Clément Faurax, le nouveau directeur général de la FNSEA, selon Mediapart. Une somme qui aurait fait l'objet d'une revalorisation de 22% en avril 2019. Pour éviter certains abus, Jérôme Guedj propose « qu’il ne puisse pas y avoir un écart supérieur de 20 fois entre le plus petit salaire et le plus grand salaire ». Pour conclure, le socialiste pense que le gouvernement ne doit « en aucun cas s’occuper de ce problème-là », cette question des salaires de dirigeant d’organisation syndicale doit « se régler en interne ».

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Photo : Manon Blangis / Fréquence ESJ

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