Rachid Temal : "Je ne crois pas que Didier Guillaume doive démissioner"

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INTERVIEW - Rachid Temal, sénateur socialiste du Val-d’Oise, insiste pour que la question du bien-être animal soit intégrée dans la société. Il a également dénoncé la dépendance de production de la France à la Chine, samedi 29 février, dans « À travers champs », à l’occasion du salon de l’Agriculture 2020.

 

Des veaux inconscients, à même le sol avant la saignée. Quelques jours avant le salon de l’Agriculture, l’organisation L214 a dévoilé une nouvelle vidéo choc sur les conditions d’abattage des veaux dans l’abattoir Sobeval, en Dordogne. Très présente dans l’actualité, la question du bien-être animal a marqué ce 57ème salon de l’Agriculture, explique Rachid Temal : « Je crois qu’il faut vraiment se soucier de la question du bien-être animal. Notre société a évolué. Il faut y intégrer cette question ». Le sénateur socialiste ne vise donc pas en particulier le gouvernement dans cette affaire d’abattoir non-conforme bien qu’il faille, selon lui, « améliorer le dispositif de contrôle, d’alerte et de réponse rapide ».

« Je crois que L214 a un rôle à jouer comme d’autres. Mais je pense qu’il faut être en capacité de dire que nos agriculteurs ont un rôle essentiel dans notre pays et dans notre économie » ajoute Rachid Temal, expliquant la nécessité « d’accompagner les agriculteurs, de la fourche à la fourchette ». Pas question pour autant de demander la démission du ministre de l’Agriculture assure le socialiste, comme le demande L214 : « Je ne crois pas que Didier Guillaume doive démissionner aujourd’hui ». Le problème, pour le sénateur, n’est donc pas Didier Guillaume mais de savoir si la filière agricole aujourd’hui s’en sort. Si la question de la PAC, la politique agricole commune de l’union européenne dont le budget pour les agriculteurs français risque de baisser, se pose. « Moi je suis prêt à un débat avec tout le monde, y compris Didier Guillaume ». Rachid Temal en profite d’ailleurs pour asséner que « la loi EGalim qui devait apporter plus de revenu aux agriculteurs est un échec ».

 « Est-ce que l’ensemble du système de santé français tiendra le choc si on passe au stade 3 ? »

 Interrogé également sur l’épidémie de coronavirus en France, Rachid Temal souligne l’efficacité d’Olivier Véran, nouveau ministre de la Santé : « L’actuel ministre de la Santé a fait le choix, et c’est une bonne chose, de communiquer. Il faut être transparent. Ses points-presse quotidiens sont une bonne chose ».

 Alors que l’épidémie s’accélère, le placement de villes françaises en quarantaine, semble difficilement réalisable pour le sénateur du Val-d’Oise : « ce qui se passe en Italie, nous ne sommes pas encore au même niveau en France. On ne peut pas demander à 66 millions de Français d’être en quarantaine ». En revanche, la mise en place du stade 3 de l’épidémie en France soulèverait de nouvelles questions pour Rachid Temal : « Est-ce qu’on monte de cran ? Et la question qui dépasse actuellement le gouvernement, c’est : est-ce que l’ensemble du système de santé français tiendra le choc si on change de niveau ? ».

Bien plus inquiétantes que le virus en soit, les retombées économiques préoccupent Rachid Temal. « Ce qui doit être une alerte aujourd’hui : c’est la dépendance notamment manufacturière de bon nombre d’économies par rapport à celle de la Chine ».  La question des médicaments pourrait se poser dans les prochains jours avec le coronavirus mais le problème ne date pas d’aujourd’hui pour le sénateur. « On sait bien qu’en France depuis de nombreuses années, il y a eu une délocalisation des médicaments qui sont fabriqués ailleurs et donc nous sommes dépendants. Et il y a eu en France, avant le coronavirus, des pénuries ». La solution est toute trouvée pour Rachid Temal : « il faut qu’on retrouve une capacité en France et en Europe d’avoir un outil public de production de médicament ».

Regardez l'émission en vidéo

 

Photo : Fréquence ESJ

 

 

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