Damien Abad : « Aujourd’hui, on doit sauver l’agriculture française »

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INTERVIEW - Damien Abad, Président du groupe Les Républicains à l’Assemblée nationale, a dénoncé la stigmatisation des agriculteurs par des associations comme L214. Le député était au micro de Fréquence ESJ, mercredi 26 février, au Salon de l’Agriculture.

 

Le 20 février, l’association L214 de défense des animaux sortait une vidéo tournée dans un abattoir de veaux en Dordogne dénonçant des étourdissements non-conformes. La vidéo a été relayée massivement sur les réseaux sociaux. Cinq jours plus tard, l’association revient sur le devant de la scène en publiant des mails du ministère de l’Agriculture qui laissent entendre que l’abattoir Sobeval serait non-conforme. Dans cet échange de mails que L214 affirme avoir reçu par erreur, un haut-fonctionnaire du ministère de l’Agriculture affirme avoir fait la liste des « non-conformités indéniables, voire majeures, relevées » alors que Didier Guillaume, le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, assure ensuite que des contrôles réalisés dans cet abattoir ont démontré que le bien-être animal y était respecté. Pour le député républicain Damien Abad, les premiers à blâmer sont pourtant l’association L214 : « Je n’aime pas la manière dont ils montrent du doigt et stigmatisent les agriculteurs, je n’aime pas l’agribashing. Quand il y a des excès, on les sanctionne. Mais on ne jette pas au pilori toute une profession ». Dans cette affaire, L214 a demandé la démission de Didier Guillaume. Mais pour Damien Abad, les victimes restent les agriculteurs qui voient leur image racornie par cette polémique. « On prend toujours le problème à l’envers, on montre du doigt un abattoir, du coup on montre du doigt toute une profession ». Pour le député républicain, la distinction entre les agriculteurs et un cas de figure qui se passe dans quelques abattoirs n’est pas toujours faite. « L’agriculture française, ce n’est pas simplement notre fierté, c’est ce qui crée les conditions de notre indépendance alimentaire » rappelle Damien Abad.

"Commander un rapport, c'est enterrer un problème"

Pour le président des Républicains à l’Assemblée nationale, il existe d’autres moyens pour dénoncer ce genre de pratique car les méthodes de L214 relèvent de l’intrusion et de l’atteinte à la propriété privée : « Quand on a un abattoir qui ne répond pas à ces conditions sanitaires, alors il doit être fermé immédiatement. C’est ça la responsabilité politique, pas de montrer du doigt toute une profession ». Damien Abad est d’ailleurs sensible au sujet du bien-être animal : « J’ai été député européenne, c’est un sujet qu’on porte depuis 10 ans. C’est un sujet sur lequel on doit faire des améliorations ».

Le député de l’Ain, un département plutôt rural, a donné son explication au mal-être de agriculteurs : « Parce que vous travaillez 12 heures par jour, parce qu’à la fin vous avez 700 ou 800 euros de revenus, parce que tous les jours vous êtes soumis aux aléas climatiques, vous êtes soumis à toute la publicité de l’agribashing ». Un mal-être reflété dans un chiffre : un agriculteur se suicide chaque jour. Alors que le Gouvernement a demandé un rapport sur les actes de prévention aux suicides dans le milieu de l’agriculture, Damien Abad rappelle qu’ « on dit souvent que commander un rapport, c’est enterrer un problème. Ce que je veux c’est des actes ». Des actes pour accompagner la profession agricole et non pas pour « simplement faire de la prévention ». Le député LR reconnait tout de même que le problème ne date pas forcément d’aujourd’hui : « Ce n’est pas simplement le Gouvernement ». « C’est une responsabilité collective, on doit tous se regarder et tous se mettre autour de la table en disant : Aujourd’hui, on doit sauver l’agriculture française ».

 Regardez l'émission en vidéo 

Photo : Manon Blangis / Fréquence ESJ 

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