Maxime Minot (LR) à propos des élections européennes: « Ça a été une bonne baffe, effectivement, je le reconnais ! »

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INTERVIEW - Maxime Minot, député Les Républicains de la 7e circonscription de l’Oise, était l’invité politique de Fréquence ESJ mardi 11 février. À l’occasion de « 20h l’invité », le jeune politique s'est exprimé sur les faux pas de sa formation politique, la nécessité de reculer l'âge de départ à la retraite mais aussi la situation de l'Éducation Nationale qu'il considère très inégalitaire.

 

 « Ce n’était pas du tout prévu que je rentre en politique » déclare Maxime Minot, 32 ans, député de l’Oise. « J’ai toujours été très impliqué localement dans mon territoire et dans ma commune  ». C'est cet engagement qui lui vaut les sollicitations de la municipalité, et ce, malgré ses 20 ans. Il saisit alors « cette opportunité » pour devenir conseiller municipal, puis maire d’Étouy à 26 ans. En 2017, il est élu député Les Républicains dans la 7e circonscription de l’Oise.

« Dans toutes les familles politiques, il y a des batailles »

Le premier tour des élections municipales aura lieu le 15 mars prochain. Le maire LR dissident du 15e arrondissement parisien, Philippe Goujon, n'en finit plus de critiquer la candidate investie par le parti à Paris, Rachida Dati. Le 11 février, il déclarait qu'elle était une « mitraillette à mensonges ». Pour autant, Maxime Minot reste optimiste sur l'investiture de Rachida Dati : « Elle a toujours été honnête dans notre famille politique ». « Rachida Dati fait une très belle campagne, elle remonte dans tous les sondages, cela montre bien que sa campagne de terrain fonctionne. »

 Il ne néglige cependant pas l'importance du 15e arrondissement, qui est selon lui, « une terre de droite » malgré la dissidence du maire sortant.

Selon le député de l'Oise, le parti Les Républicains reste uni malgré une élection présidentielle entachée par l’affaire Fillion et des diversités de prise de position et d’expression, notamment sur la PMA. Maxime Minot fait partie des rares députés républicains à avoir voté pour la PMA. Pour lui, les différents points de vue font partie du jeu des familles politiques : « Dans toutes les familles politiques, il y a des batailles. On le voit bien à Paris entre Griveaux et Villani ou au Parti socialiste où il y a eu tant d’histoires ». Cependant, il reconnaît que les 8 % obtenus lors des élections européennes de l’année dernière ont été « une bonne baffe ». Pour les élections à venir, Maxime Minot certifie que c’est l’ancrage local des LR qui fera la différence. 

« Il y a une crise dans l’Éducation nationale aujourd’hui »

Alors que le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, recevra les syndicats le 11 mars prochain, Maxime Minot, membre de la commission des affaires culturelles et de l’éducation critique une réforme qui n'a pour lui pas de sens. « Ça va encore créer des inégalités localement, notamment avec ce choix d’intermédiaire du contrôle continu. » déplore-t-il. Il reproche le manque de cohésion à l’échelle nationale, avec des corrections locales qui vont entraîner des disparités de notations. Sur la nécessité d’une réforme, il juge que « ce n’était pas la priorité ». Le député de l’Oise constate : « Blanquer avait dit qu’il ne le ferait pas, finalement quelques mois après, on apprend qu’il y a cette réforme du bac. ».

Il estime le baccalauréat « inégalitaire » car « que l’on soit dans un très bon établissement ayant une très bonne réputation ou que l’on soit dans un établissement de zone d’éducation prioritaire ou autre, on n’a pas forcément les mêmes chances ». La réforme ne résolvant pas selon lui ces inégalités, Maxime Minot déclare : « Elle ne servait à rien! ». Il rajoute que le mécontentement des enseignants et des élèves est révélateur du fait « qu’aujourd’hui on ne peut plus faire de réforme sans concerter les personnes qui sont concernées au quotidien. ». 

Le député de l’Oise a également mis en avant la baisse du recrutements des professeurs, dont les salaires sont parmi les plus bas d’Europe. Il le certifie : « Il y a une crise dans l’Éducation nationale aujourd'hui, et le gouvernement ne fait absolument rien pour résoudre ce problème ». Pour imager la situation, il explique que « dans certains territoires d’outre-mer on a vraiment l’impression, et les enseignants l’appellent comme ça, du tiers-monde scolaire. »

« Il faut bien évidemment reculer l’âge de départ à la retraite. »   

La commission spéciale chargée d’examiner le projet de réforme des retraites s’était vue allouée une extension jusqu’à mercredi 12 février. À la veille de sa clôture, Maxime Minot s’exprime sur l’épineux dossier. « On revient de deux ans de pseudo-concertations, et on veut nous faire balayer ça au sein du Parlement en quelques jours. C’est juste se moquer du monde ! » se révolte-t-il. « Il y a un déni de démocratie, c’est aussi pour ça que la France Insoumise a pris cette option d’obstruction parlementaire. » précise-t-il. Il met en avant le caractère fondamentalement représentatif du Parlement, comme étant la seule institution qui représente l’ensemble des Français. Il salue le dialogue avec les syndicats, mais rappelle que les partenaires sociaux « représentent les employés et les employeurs, mais en aucun cas l’ensemble de la population » et que « s’il y avait un débat à faire pendant un certain temps, c’était au Parlement et en aucun cas dans des bureaux dorés de la capitale ».

Le député de l’Oise soutient toutefois qu’il faut réformer l’âge de départ à la retraite : « Notre proposition était claire : la réforme des retraites devait se faire parce qu’il faut réformer, on en a tous conscience ! L’espérance de vie augmente et continuera d’augmenter donc il faut bien évidemment reculer l’âge de départ à la retraite ». Maxime Minot s’est montré soucieux quant à l’éventuelle utilisation du 49.3 : « Si on en vient à utiliser le 49.3, on va avoir une révolution dans les rues de notre pays, parce que ce n’est pas une façon de faire vivre la démocratie ».

« Je pense qu’ils écoutent le gourou Macron »

Suite au vote des députés LREM sur le congé parental du deuil d’un enfant, qui avait rejeté l’allongement de 5 à 12 jours, Emmanuel Macron recevait à l’Elysée les députées de la majorité le mardi 11 février. Maxime Minot a réagi en taxant de « belle bêtise » le vote de la majorité et de « manque d’humanité » comme l’avait qualifié, avant lui, le président de la République. L’Oisien pense que les députés La République En Marche « écoutent le gourou Macron ».

En ce qui concerne l’actuel débat sur la sédation profonde, dans environ quatre mois un puissant sédatif sera disponible dans les pharmacies de ville. Pour Maxime Minot : « Il y a une réelle disparité entre les territoires ruraux et les territoires urbains». À ce titre, selon lui, les médecins de campagne devraient être habilités à administrer des soins équivalents à ceux « autorisés dans les services hospitaliers et dans les soins palliatifs ». Il appelle à ce que « le débat sur la fin de vie revienne à l’Assemblée nationale ».

Photo: Manon Blangis / Fréquence ESJ

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