Christophe Di Pompeo : « Pour des raisons d’équité, je pense que cela serait plus facile de garder un âge légal »

(Reading time: 3 - 6 minutes)
Christophe_Di_Pompeo_2019_Manon_Blangis.png

INTERVIEW - Le député LREM de la 3e circonscription du Nord, Christophe Di Pompeo, était l’invité de « 20h l’invité » sur Fréquence ESJ, mardi 7 janvier. Il a notamment émis des réserves quant à la mise en place d’un âge pivot dans la réforme des retraites et s’est montré ferme sur la position que la France doit avoir entre les Etats-Unis et l’Iran.

 

« La pensée socialiste a trahi ce qu’on voulait ! »

Christophe Di Pompeo, 55 ans, était, avant d’être élu député, chercheur en santé publique et mathématicien. « J’ai toujours été intéressé par la politique, depuis tout jeune. C’était chez moi un intérêt vif ». Aujourd’hui sous l’étiquette de La République en Marche, il fait ses premiers pas en politique en socialiste comme adjoint au maire à Maubeuge. Le parti « correspondait à mes valeurs » assure-t-il. Une affirmation qui n’est plus d’actualité, ce qui l’a poussé à rejoindre En Marche ! en 2016. « La pensée socialiste a trahi ce qu’on voulait » justifie le député du Nord. Il l’assure : « Francois Hollande, c’était une erreur pour moi et Manuel Valls, c’était une double erreur ». Durant le quinquennat du président Hollande, le débat sur la double nationalité a notamment été décisif: « On pointait comme coupable du terrorisme, déjà à l’époque, les doubles nationaux et les fils d’immigrés. Et pour moi, ce n’était pas possible » a tenu à souligner Christophe Di Pompeo, lui-même fils d’un immigré italien.

 « Aujourd’hui, il y a un problème d’équilibre budgétaire »

Christophe Di Pompeo est clair : « La volonté de faire un régime universel reste présente ». Pourtant de nombreuses concessions ont déjà été faites pour des métiers comme policiers, pilotes ou encore hôtesses et stewards. « Je ne vais pas jouer sur les mots, mais on peut avoir un régime universel à points avec quelques aménagements » précise-t-il. Depuis 35 jours, les syndicats des transports, de la SNCF et de la RATP notamment, mènent une grève sans répit en perturbant le trafic des transports en commun. Christophe Di Pompeo maintient le cap du gouvernement sur la question des cheminots. Il soutient qu’ « il n’y a pas de raisons objectives de maintenir des régimes spéciaux comme celui de la RATP ou celui de la SNCF ». Les départs à la retraite anticipés et le traitement différencié du reste des citoyens entraînent, pour le représentant LREM, une « iniquité dans le système qui fait que ce n’est pas possible ».

Autre point central dans cette réforme des retraites, la question de la pénibilité. Le gouvernement a affirmé vouloir améliorer la prise en compte de la pénibilité pour certains métiers mais des syndicats comme FO et Solidaires dénoncent ce qui serait une supercherie. En 2017, quatre critères avaient été retirés de la liste par le gouvernement, réduisant le nombre de métiers dit pénibles. Le gouvernement ne compte pas aujourd’hui les réintroduire malgré les demandes des syndicats. Pour Christophe Di Pompeo, il s’agirait de redéfinir la pénibilité. « Comment mesurer le travail, la pénibilité ? Vous prenez un coiffeur dans un salon qui commence le matin à 9h et qui finit à 19h : est-ce que c’est un travail pénible ou pas ? » questionne-t-il. « Est-il plus difficile de rester 10 heures debout ou de porter des charges lourdes ? La question se pose ». Pour lui, toutes ses interrogations demandent du temps pour définir les critères : « Je trouve que la notion de pénibilité, est difficile à définir et mettre des critères, ça ferme la pénibilité ».

Interrogé sur un autre sujet épineux, l’âge d’équilibre à 64 ans, Christophe Di Pompeo s’est montré dubitatif. « Aujourd’hui, il y a un problème d’équilibre budgétaire. Moi pour des raisons d’équité, je pense que ça serait plus facile de garder un âge légal ». Le député LREM finit tout de même par relayer les mots d’Édouard Philippe : « Le Premier ministre a proposé au syndicat de faire des propositions pour l’aménager, pour le modifier. Il a dit : je suis prêt à tout, à partir du moment où l’on reste sur un équilibre global ». Une issue qui semble satisfaire Christophe Di Pompeo qui reste prudent dans ses propos.

« L’OTAN est en mort cérébrale »

En tant que député, Christophe Di Pompeo est membre permanent de la commission des affaires étrangères. Il connait donc bien les rouages de la politique à l’internationale. Le 3 janvier dernier, le général iranien Qassem Soleimani a été tué dans une attaque ordonnée par le président américain Donald Trump. Les tensions entre les deux pays ne font depuis que s’amplifier. Pour Christophe Di Pompeo : « On est là devant une démonstration de force du président Trump ». Le député ne voit pas l’intérêt d’une telle attaque si ce n’est en vue de l’élection présidentielle qui approche aux Etats-Unis. « Est-ce que le président Trump ne cherche pas aussi quelque part à faire de la politique intérieure en se servant de la scène internationale ? Moi je pense qu’il en est capable ». Pour autant, il affirme qu’Emmanuel Macron n’a pas eu tort d’afficher son soutien à Donald Trump car « l’Iran ne respecte pas ses obligations en matière de nucléaire ». « La France n’a pas intérêt à se mettre en désaccord avec qui que ce soit ! ». Au vu du contexte géopolitique, Christophe Di Pompeo soutient l’art de l’équilibre : « On n’a ni intérêt à se mettre mal avec les iraniens, ni intérêt à se mettre mal avec les américains ». L’organisation internationale de l’OTAN doit-elle jouer un rôle dans ce conflit ? Christophe Di Pompeo reprend les mots du président Emmanuel Macron : « L’OTAN est en mort cérébrale ». Cependant, il assure qu’il faut y rester. « On a intérêt à être présent dans toutes les instances de dialogues internationales ».  

 

Photo : Manon Blangis / Fréquence ESJ 

 

Derniers articles