Raphaël Schellenberger : « En marche, c’est une entreprise électorale au bénéfice d’Emmanuel Macron »

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INTERVIEW - Raphaël Schellenberger, député Les Républicains de la 4e circonscription du Haut-Rhin, était l'invité mardi 26 novembre de « 20h l'invité » sur Fréquence ESJ. Il a notamment livré son avis sur la fermeture de la centrale de Fessenheim, les élections municipales de 2020 mais aussi le plan urgence pour les hôpitaux publics.

 

La fermeture de la centrale de Fessenheim a été prononcée pour le milieu de l'année 2020. Raphaël Schellenberger s'y oppose pourtant toujours fermement. « C'est une hérésie, de fermer cette centrale ». Pour le député, se passer du nucléaire en France est impossible. Ce serait même « mentir » aux Français de dire le contraire, ajoute-t-il. La fermeture de la centrale la plus vieille de France est pour lui un gâchis industriel avec une mise au chômage de plus de 2000 personnes inutile. « Si la centrale nucléaire était dangereuse j'aurais milité avec mes concitoyens pour sa fermeture mais aujourd'hui l'ASN (Agence de Sureté du Nucléaire) rapporte que Fessenheim est la centrale la plus performante de France. ». Raphaël Schellenberger l'affirme, la fermeture est purement politique.

« On s'est tous cherché au début du pouvoir Macron  »

Après les défaites des Républicains aux échéances électorales de 2017 et 2018, Raphaël Schellenberger cherche à tempérer ces résultats. L'accession au pouvoir d'Emmanuel Macron n’y est pas pour rien : « On s'est tous cherché au début du pouvoir Macron. On s'est beaucoup questionné sur ses propositions et on croyait qu'il portait des réformes que nous portions à l'époque ». Raphaël Schellenberger assure aujourd’hui ne pas s'inquiéter pour les élections municipales de 2020 entre l'engagement des Républicains sur le terrain et leur nombre d’élus locaux. Un avantage dont le parti présidentiel ne dispose pas encore selon lui.

Raphael Schellenberger n’hésite d’ailleurs pas à dénoncer le fonctionnement du parti présidentiel. « En marche n’est pas un parti politique, c’est une entreprise électorale au bénéfice d’Emmanuel macron ». Manque d’ouverture et de débat au sein du parti, rien n’est acceptable pour le député LR. « Il n’y a que chez En Marche que l’on n’a pas le droit de penser ». Une vision qui n’existe pas selon Raphaël Schellenberger, au sein du parti Les Républicains, qui prône l'ouverture au débat des idées et aux initiatives. Le nouveau président du parti Les Républicains, Christian Jacob, permettrait d'ailleurs la remise à plat de l'équipe dirigeante et porterait une volonté de remettre l'appareil partisan au cœur du projet. « Notre capacité à restructurer doit être au niveau local mais aussi au niveau national afin d'être de nouveau présent ». « On a compris une chose, présider un parti d'opposition, c'est s'user très vite ». La conclusion est simple : Laurent Wauquiez s'est abimé très vite. « Il était plus ou moins candidat à quelque chose. C'était dur pour lui de rassembler et de structurer un parti » précise l'élu.

« C'est de la communication par opportunité »

Interrogé sur les grèves des hôpitaux publics, Raphael Schellenberger dénonce des mesures opportunes après des mois de manifestations. « C'est le troisième plan en deux ans, le gouvernement s'empare de la situation pour un coup de communication ».  Le député souligne notamment le problème des emplois d'intérim qui coutent près de 1 500 euros par jour. « Un médecin en intérim c’est tout simplement scandaleux d’un point de vue de la dépense publique ». Questionné sur la mise en place d'une prime pour le personnel hospitalier en Ile-de-France, l’élu trouve scandaleux d'attribuer une aide à seulement une seule partie de la population. « Comme s'il n'y avait pas d'autres problèmes en France. Il n'y a pas qu'en Ile-de-France qu'il y a des problèmes ».

Le gouvernement souhaite aujourd'hui changer le système de financement des hôpitaux publics : la tarification à l’activité (T2A). Un système mis en place sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy et responsable en partie de la crise hospitalière. Raphaël Schellenberger n’hésite pas à désavouer ce choix politique des Républicains. « On a voulu automatiser la gestion financière des hôpitaux et c’est la droite qu’il l’a fait. Je pense qu’à ce niveau-là on a fait une erreur qu’il faut absolument corriger aujourd’hui. »

 

Photo : Manon Blangis / Fréquence ESJ

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