Emmanuelle Pierre-Marie : "Il y a des failles dans le système concernant les violences conjugales"

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INTERVIEW - Emmanuelle Pierre-Marie, tête de liste Europe Écologie Les Verts (EELV) aux élections municipales du 12e arrondissement de Paris, était l’invité de « 20h L’invité » sur Fréquence ESJ, mardi 19 novembre, pour notre premier rendez-vous politique de la saison. Elle nous a livré ses attentes sur la lutte contre les violences conjugales ainsi que son projet pour faire de Paris une ville plus verte.

 

Alors que le 136e féminicide a été recensé et qu’un rapport de l’Inspection Générale de la Justice montre que 80% des plaintes pour violences conjugales sont classées sans suite, Emmanuelle Pierre-Marie regrette que « les associations féministes qui proposent des choses depuis des années, des décennies, ne sont pas entendues ». Si le mouvement #MeToo a permis une libération de la parole des femmes, elles ne sont toujours pas écoutées déplore Emmanuelle Pierre-Marie : « Il y a des failles dans le système ». Ce système, ce sont les forces de l’ordre, la justice, mais aussi les médecins. La candidate du 12e arrondissement affirme d’ailleurs son soutien à une mesure qui permettrait aux médecins d’outrepasser le secret médical pour prévenir les violences conjugales et sexuelles, en référence à cette tribune signée par 65 médecins dans l’Obs : « Tout à fait. Il y va de la vie des femmes, et on n’a pas parlé des enfants encore ».

« Je fais pleinement confiance aux associations »

Pour Emmanuelle Pierre-Marie, il existe tout de même des solutions pour prévenir les situations tragiques, allant de la formation de la police à l’écoute des victimes, à l’accompagnement des femmes, mais aussi des enfants qui souffrent également de ces situations : « On a toutes ces institutions à faire travailler ensemble, il ne s’agit pas de dénoncer, il s’agit de mettre en place des garde-fous pour éviter ces violences et ces drames, parce qu’à la fin, il y a soit la mort de la femme, soit des situations dramatiques. ». En attendant, Emmanuelle Pierre-Marie préfère laisser ce travail d’accompagnement aux associations : « Je fais pleinement confiance aux associations, elles sont suffisamment armées et formées, elles connaissent très bien leur travail […] Je pense que sans les associations, on aurait des situations encore plus dramatiques ». Elle explique ensuite qu’elle espère que naisse un travail partenarial entre associations et travailleurs sociaux, que tous les maillons de la chaîne d’accompagnement fonctionnent.

Une vague verte sur Paris ?

Les élections municipales se dérouleront le 15 et le 22 mars 2020, soit dans quatre mois, et Emmanuelle Pierre-Marie fait part de sa totale confiance en David Belliard, le candidat écologiste à la mairie de Paris : « Je l’ai soutenu depuis le départ, j’ai fait la campagne interne à ses côtés, donc effectivement c’est un bon choix. Pourquoi ? Parce que c’est quelqu’un qui est profondément écologiste, profondément convaincu qu’on est en capacité d’avoir les responsabilités du pouvoir pour développer nos propres politiques ». Alors que les regards se tournent vers Benjamin Griveaux, Anne Hidalgo ou encore Cédric Villani pour ces élections, la discrète notoriété de David Belliard n’inquiète pas la candidate écologiste du 12e : « Il est en quête de notoriété mais il n’est pas inconnu des parisiens et des parisiennes ». Pour mars 2020, Emmanuelle Pierre-Marie croit « très fortement » qu’une nouvelle vague verte va déferler sur Paris, espérant reproduire le scénario des dernières élections européennes où EELV a su faire échouer tous les pronostics.

Le projet d’EELV pour Paris ? « Reprendre l’espace public pour mieux respirer ». « Le trafic routier est une cause de mortalité à Paris, c’est 2500 parisiens et parisiennes qui meurent prématurément chaque année ». Pour reprendre cet espace public, il faut « débitumer Paris, […] on limite au maximum les voitures automobiles individuelles », afin de réduire la circulation dans Paris et ainsi lutter contre le réchauffement climatique. Un projet déjà entamé par l’actuel maire de Paris, Anne Hidalgo, avec la piétonnisation des voies sur berge. La candidate écologiste prévoit tout de même des exceptions : « Il faut laisser de la place aux voitures d’urgence, aux voitures de commerce ». Mais le plus important reste « d’arriver à des solutions alternatives de transport en commun ». À voir si les arguments de la candidate écologistes sauront convaincre les électeurs parisiens, réponse en mars prochain.

 

Photo : Manon Blangis / Fréquence ESJ

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