Julien Lacaze : « Le gouvernement est propriétaire des cathédrales, il devrait en assumer les réparations »

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INTERVIEW - Au lendemain de l’incendie qui a ravagé Notre-Dame de Paris, Fréquence ESJ consacrait, mardi 16 Avril, un numéro de « 20h l’invité » dédié à l’événement. Lors de l’émission, le vice-président de la Société pour la Protection des Paysages et de l’Esthétique de la France (SPPEF) Julien Lacaze a dénoncé le faible budget attribué à l’entretien des monuments nationaux. Il a également critiqué la grande collecte pour la reconstruction de la cathédrale lancée par le président de la République.

 

Alors que la plupart des Français sont encore choqués par les flammes qui ont détruit la charpente de la cathédrale Notre-Dame de Paris, Julien Lacaze, lui, éprouve de la colère. En effet le vice-président de la SPPEF l’affirme « ce n’est pas la première fois qu’un incendie se déclare dans un monument en plein chantier de rénovation ». Pour lui, c’est même l’aspect le plus paradoxal : « les travaux de rénovations sont un facteur de risque important pour les monuments historiques ». Cette contradiction s’explique, selon Julien Lacaze, par le fait que l’État ne cesse de « différer les petites rénovations » et attend « le moment critique » pour lancer des « chantiers massifs qui mettent souvent en péril les édifices ». L’expert en patrimoine prend comme exemple « la grande flèche de Notre-Dame » qui n’avait « pas fait l’objet de restaurations sérieuses depuis 1930 ». D’après lui, la cathédrale de Notre-Dame tout entière était arrivée « au bout du rouleau d’un point de vue patrimonial ».

« La rénovation des monuments devrait être une priorité budgétaire pour le gouvernement. »

Pour le vice-président de la SPPEF, la seule solution qui permettrait d’éviter ce genre de drame serait de « restaurer plus régulièrement les monuments nationaux ». De son point de vue cela serait « moins dangereux pour les édifices et moins coûteux pour l’État ». Julien Lacaze demande aussi plus de considération envers ces bâtiments parfois centenaires : « La rénovation des monuments devrait être une priorité budgétaire pour le gouvernement ». Aujourd’hui cette enveloppe représente « 1% du budget du ministère de la Culture », qui lui-même correspond à seulement « 3% du budget de l’État ». Au final, pour Julien Lacaze, « 300 millions d’euros par an ce n’est pas grand chose pour rénover tout notre patrimoine », d’autant que l’initiative du gouvernement de lancer cette année le grand loto du Patrimoine « n’a rapporté que 20 millions d’euros ». Puis, comme pour faire un clin d’œil à l’actualité, Julien Lacaze déplore que « les monuments ne puissent pas manifester ou avoir de lobby pour les défendre », car selon lui, « tout fonctionne comme ça maintenant ».

Enfin le vice-président de la SPPEF fustige la réaction du président de la République Emmanuel Macron, qui, « alors que Notre-Dame était encore en flamme » appelait à faire « une collecte pour la reconstruction ». Des propos que Julien Lacaze qualifie de « sidérants » puisque « le gouvernement est propriétaire des cathédrales, il devrait donc en assumer les réparations, car les français payent déjà des imports pour ça ».

Photo Lucas Pierre / Fréquence ESJ

 

 

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