Pierre Favre : « le projet de loi Blanquer apporte plus d’inquiétude que de réponse »

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INTERVIEW - Le président du Syndicat National des Ecoles (SNE), Pierre Favre, était l’invité de Fréquence ESJ lors de l’émission « 20h, l’Invité », mardi 2 Avril. Il est revenu sur la mobilisation du corps enseignant contre la réforme de l’Education prévue par le gouvernement. Une réforme que le SNE ne rejette pas totalement.

 

Afin de protester contre le projet de réforme de l’Education présenté par le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer, les professeurs de l’enseignement primaire et secondaire sont descendus dans la rue Samedi 30 Mars. Cette union de sept syndicats différents a également lancé un mouvement de grève nationale depuis le 1er Avril. Pourtant au milieu de cette mobilisation le Syndicat National des Ecoles (SNE) se montre moins retissant envers le nouveau projet de loi. Pour son président, Pierre Favre, il y a même une forme « de contradiction dans les revendications de [ses] collègues », quant à la mise en place de l’école obligatoire dès trois ans. D’après Pierre Favre « les syndicats ont accepté, à la quasi unanimité, lors des assises des écoles maternelles en Mars 2018, d’étendre la scolarisation dès l’âge de trois ans », et pourtant aujourd’hui ils s’y opposent car cela intégrerait « 26 000 élèves supplémentaires dans le cycle primaire ».

Si certains syndicats y voient « un problème de surcharge des classes », pour le SNE cette mesure permettrait « d’inscrire dans le marbre la pérennité et l’importance de l’école maternelle dans notre République ». Le problème réside, selon Pierre Favre, dans la méthode d’application de ce projet : « Les mairies devront financer les écoles privées sous contrat pour assurer l’accueil des enfants, alors que le gouvernement avait dit qu’il compléterait les sommes manquantes. Pour l’instant ce projet nous apporte plus d’inquiétude que de réponses. »

« Aujourd’hui l’Etat ne protège pas assez ses enseignants »

Ce que Pierre Favre reproche principalement au gouvernement c’est la manière dont il a fait évoluer le projet de loi Blanquer sans consulter les syndicats : « l’amendement AC-501 a été ajouté à la loi durant son examen au Parlement ». Ce nouvel article est censé mettre en place des « établissements publics fondamentaux » qui regrouperaient un collège et plusieurs écoles primaires situés dans le même secteur. Un regroupement qui fait craindre aux syndicats « un risque de licenciement pour de nombreux directeurs d’écoles ».

En revanche le président du SNE se montre davantage favorable à l’article 1 du projet de loi qui fixe « un devoir d’exemplarité » pour les professeurs. La majorité des syndicats fustige cette idée car elle pourrait, selon eux, « censurer la parole des enseignants qui remettent en cause les institutions devant leurs élèves ». Cependant Pierre Favre considère qu’« aujourd’hui l’Etat ne protège pas assez ses enseignants », il voit donc dans cet article un moyen de « revaloriser » et de « sacraliser » la profession. Il conclu en affirmant que les enseignants devraient même « prêter serment » car ils exercent « des missions de service publique ».

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