Danielle Simonnet : « Nous disons protectionnisme solidaire et non pas libre-échange ! »

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INTERVIEW/VIDEO - Danielle Simonnet, oratrice nationale de la France Insoumise et conseillère de Paris, était l’invitée de Fréquence ESJ sur le plateau d’À Travers Champs au Salon international de l'agriculture 2019. Elle a notamment évoqué la volonté de son parti, La France Insoumise, de rompre avec les traités de libre-échange européens.

 

Parée de son habituelle veste rouge, Danielle Simonnet n’hésite pas à critiquer les agriculteurs sur leur propre territoire : « Au salon de l’agriculture, il y a une grosse partie d’exposants qui est plus dans la logique du productivisme, de « l’agrobusiness » que dans la logique de défense d’une agriculture saine pour notre alimentation ». Un modèle agricole soutenu par l’Union Européenne et qu’elle considère comme une « aberration ». A deux mois, jour pour jour, des élections européennes, elle affirme donc l’envie de La France Insoumise de changer les traités européens et notamment les aides de la politique agricole commune où « plus vous êtes dans une logique productiviste, plus vous allez vous faire aider ». Danielle Simonnet expose son raisonnement avec élan : « La première urgence est de bien rémunérer le travail agricole ». La loi alimentation ne suffit pas pour l’oratrice nationale du parti de Jean-Luc Mélenchon. Deuxième étape, il faut « des réglementations : on interdit les pesticides, le glyphosate et on respecte le juste prix ». Pour se faire, les problèmes à éradiquer sont clairs : « Notre humanité est en danger d’extinction du fait des politiques de libre échange, de l’extrémisme marchand qui s’impose ». La solution l’est tout autant pour le parti : « Nous disons protectionnisme solidaire et non pas libre-échange ! ».

« Nous devons fédérer le peuple pour prendre les problèmes à la racine »

Autre cible dans le viseur de Danielle Simonnet : le dumping social, cette pratique des entreprises profitant des failles de réglementations pour en tirer des avantages économiques. La responsable est encore et toujours l’Union Européenne et l’usine Ford de Blanquefort en fait les frais. L’usine ferme en laissant derrière elle un plan social avec cependant environ 400 à 500 salariés inquiétés. La conseillère de Paris assure que le problème peut se résoudre grâce à la Constitution : « L’État momentanément nationalise l’entreprise et assure la transition vers le repreneur ». Autre solution plus durable en cette période de crise pour l’industrie française : que « les salariés reprennent en coopérative leur outil de production ». Une idée qui a déjà connu un succès avec l’usine de thé Fralib en 2014. Ces positions de La France Insoumise ne permettent pas au parti de s’intégrer dans un rassemblement de la gauche au côté de Benoît Hamon ou Yannick Jadot. Un rassemblement de toute façon inenvisageable mais qui pourrait les aider à augmenter les 8 % d’intentions de vote pour les européennes. Danielle Simonnet voit le problème ailleurs : « Dans notre électorat, on est face à une problématique d’abstention extrêmement forte ». L’objectif de La France Insoumise est donc désormais de « fédérer le peuple pour prendre les problèmes à la racine».

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