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MICHEL THOORIS : « On nous a donné des pistolets à eau pour nous défendre. »

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INTERVIEW – Michel Thooris, secrétaire général du syndicat France Police – Policiers en colère, était l’invité de « 20h, l’invité » mardi dernier. Le syndicaliste est revenu sur l'Acte XVIII des gilets jaunes qui a eu lieu le samedi 16 mars.

 

De nouveaux heurts ont éclaté lors du 18e week-end de mobilisation des gilets jaunes, notamment sur les Champs-Élysées, avenue déjà visée par des dégradations lors des actes précédents. Pour Michel Thooris, la responsabilité n'est pas à incomber aux forces de l'ordre mais au ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner. Pour lui, « la mobilisation policière était classique pour un week-end de gilets jaunes, nous étions environ 90 000 sur l'ensemble du territoire. ». Pour le secrétaire général de France Police-Policiers en colère, c'est l'utilisation des forces en présence qui a mené à de tels débordements. « Les agents spécialisés en maintien de l'ordre étaient mobilisés autour des lieux de pouvoir comme les ministères, l'Assemblée nationale ou le Sénat. ». Selon lui, le ministère de l'Intérieur aurait également dû mieux se préparer à cette nouvelle mobilisation en mettant en place des contrôles plus importants aux points d'accès des manifestations, mais également en contrôlant les frontières pour intercepter les casseurs venus de l'étranger, ainsi qu'au niveau de péages pour ceux venant de province.

« En maintien de l'ordre, nous ne suivons que les consignes. Nous sommes de simples exécutants. »

Michel Thooris remet en question la stratégie adoptée par l'État pour contenir cette mobilisation et déplore le manque de moyens mis à disposition aux forces de l'ordre présentes sur le Champs-Élysées. Il n'y a eu selon lui aucun ordre de procéder à des interpellations, mais c'est surtout l'absence d'utilisation de LBD 40, les lanceurs de balles de défense qui font polémique ces dernières semaines, pourtant utilisés contre des manifestants non-déclarés, mais pas cette fois-ci contre des « black blocs préparés à la guérilla urbaine. ». Selon le chef syndical, cette absence n'est pas due aux récentes polémiques puisque « l'État est prêt à accepter de la casse, voire des morts lors d'opérations de maintien de l'ordre. ». Michel Thooris se pose la question de savoir si les consignes qui avaient été données par le ministère correspondaient aux règles de légitime défense et de proportionnalité en vigueur. Il affirme également qu'avec le matériel adapté et un effectif correspondant, il est tout à fait possible d'encercler et de maîtriser des manifestants sans les blesser gravement et exclu catégoriquement l'utilisation d'armes à feu. Il déplore également la stratégie de peur mise en place par le gouvernement visant à dissuader les gilets jaunes de continuer leurs actions et conclut que « les gilets jaunes ne sont pas les complices des casseurs. Quelques gilets jaunes ont pu se laisser entraîner mais ce n'est qu'une minorité. Il ne faut pas faire d'amalgames. »

Photo DR

 

 

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