Chantal Jouanno : « Quand on fait du débat on doit reprendre toutes les paroles, ne pas laisser de côté celles qui dérangent »

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INTERVIEW/VIDEO - La présidente de la commission nationale du débat publique (CNDP) Chantal Jouanno était présente sur le plateau de Fréquence ESJ à l’occasion du Salon international de l’agriculture 2019, vendredi 1er mars. L’ex ministre des Sports est revenue sur le grand débat national ainsi que sur la place des agriculteurs dans ce dernier.

 

En janvier dernier, Chantal Jouanno démissionnait de l’organisation du grand débat. Elle revient sur les raisons de cette démission expliquant premièrement que la question de confiance dans un débat est primordiale « dès lors que vous incarnez le problème à l’origine du débat, à savoir une injustice, vous ne pouvez pas conduire légitimement le débat ». Elle est également revenue sur le refus du gouvernement de respecter le principe d’indépendance de la CNDP : « on m’a expliqué qu’on écrirait le rapport à l’Élysée ». C’est d’ailleurs le véritable « point de faiblesse » de ce débat d’après elle. Chantal Jouanno rappelle toutefois que le « succès quantitatif » de l’opération est bien réel, estimant que les Français avaient « envie de débattre ». Néanmoins elle reste prudente quant à l’issue du débat et revient encore une fois sur « l’absolue nécessité d’une démarche sincère », estimant que souvent « on n’écoute pas les paroles qui dérangent ». L’ancienne ministre ajoute que les Français jugeront « la manière dont le gouvernement va reprendre ces résultats et s'il y répondra »

« Une débat national n’est pas un sondage ni une opération de communication »

Pour Chantal Jouanno l’un des principaux problèmes des responsables politiques aujourd’hui est de proposer des programmes mais de « ne pas les construire avec les citoyens ». Elle pointe du doigt l’abstention croissante qui engendre parfois des élections avec une base électorale très faible. Ce grand débat est pour elle une « opportunité d’inverser les rôles ». Pour une fois ce sont les citoyens qui parlent et les politique qui écoutent. Elle explique « croire en la parole du citoyen », et propose d’instaurer « un débat tous les trois ans » afin de « remettre les choses à plat » et de « voir où en est la justice sociale du pays ». Le salon de l’agriculture est une occasion de revenir sur la faible représentation des agriculteurs au sein du grand débat. La présidente de la CNDP estime que c’est la preuve d’un « hic » dans l’organisation de celui-ci. Elle estime que les producteurs et éleveurs français n’ont « peut-être pas trouvé les conditions qui leur permettraient d’être bien écouté ». Enfin Chantal Jouanno a de nouveau insisté sur la nécessité de transparence et de sincérité rappelant qu’un « débat national n’est n’y un sondage n’y une opération de communication ».

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