• Slide FESJ 2015

11 novembre : appelés Enfants de France !

tribune_-_11_novembre_2018.jpg

TRIBUNE - Appelés Enfants de France, ils glorifièrent leur pays au péril de leur vie. Fils d'un même sang, unis ou condamnés au sacrifice suprême, porteurs du joug national, de la bêtise humaine et d'une idéologie sacrificielle, ils s'engagèrent tête à terre sur les champs ignobles de boue et d'horreur.

 

Trainés par le devoir, élevés par l'honneur, sanctifiés par la liberté. Ils l'acquérirent enfin sur l'échafaud moribond de leurs morts. Appelés Enfants de France, ils se virent honorés pour leur courage, pour leur ténacité, pour avoir survécu, pour leur fidélité. Ils étaient ces millions de Français dévorés par les rats dans ces tranchées infâmes où mourraient les fragiles; charognards enterrés, nourris à la pisse et réveillés au canon. Ils pleuraient quand ils en avaient le courage. Appelés Enfants de France, ils étaient ces soldats, ces civils, ces paysans, ces bourgeois, ces fénéants, ces intellectuels scellés par la guerre, par ce bleu horizon, par ce Lebel déjà vieux dont ils usèrent la baïonnette à en vomir. Le soir, on entendait les soldats éviscérés au milieu de la plaine qui hurlaient en rempant dans leurs tripes. C'était ça, la guerre de 14/18. Appelés Enfants de France, nous ne les retrouvons désormais que dans les livres dépouillés de l'Éducation nationale, entre deux débats idéologiques sur la raison et la bienséance de leur évocation. Puisqu'il faut accuser, accusons.

La France se fout bien des discours de guerriers de pacotilles, des conflits d'égos, des pitreries de politiciens débraillés qui corrompent l'Histoire ! Allez jouer ailleurs, dans vos jardins de buffles où l'armée se suicide ! Alors que nous devrions célébrer l'Armistice, vous pervertissez la mémoire à coups de "oui mais bon", de "Pétain c'était pas bien" et de "la guerre, c'est mal !" Mais quand aurez-vous fini de prendre les Français pour des guignols ? Ces mêmes Français qui eurent le courage de prendre les armes et d'aller mourir sur leurs terres brûlées en beuglant "VIVE LA FRANCE", en vomissant de rage, en défroquant de peur, en s'effondrant de désespoir quand le temps et les canons les épargnaient, mais sans se demander si Pétain en valait la peine, sans se demander si la France le méritait ! Pauvre peuple d'un millénaire acquis, se pourfendant de tous les malheurs parce qu'il renie ses propres guerres ! Mais comment pouvez-vous à ce point haïr ces garçons tirés de leurs pieux pour aller crever dans leurs champs ? Comment pouvez-vous faire appel à la morale, cent ans après, quand 1 400 000 soldats sont morts d'immoralité ? Les grandes lignes de l'Histoire ne vous appartiennent pas. Songez-y. Et pour une minute de souvenir, enfin, taisez-vous.

Chant de St Cyr

Ils sont morts dans la bataille,
Haut les fronts et hauts les coeurs !
Sans courber leur haute taille,
Morts debout ils sont vainqueurs.

Dans les cieux ouverts d'avance
Dieu reçoit ses fiers enfants ;
Gloire à ceux qui pour la France
Ont voulu verser leur sang.

Rien n'a pu calmer leurs fièvres,
Rien n'a fait frémir leurs os ;
Ils sont mort l'espoir aux lèvres,
Ils sont morts sans un sanglot.

Ils sont morts mais sur leur tombe,
Dieu fera des lys fleurir ;
Dieu bénit celui qui tombe,
Dieu bénit qui sait mourir.

Photo : DR

 

Chaque semaine Fréquence ESJ ouvre ses colonnes à des auteurs invités. Leur point de vue n'engage pas la rédaction.

Derniers articles

Sur le même sujet

Dernières vidéos