• Slide FESJ 2015

Florian Philippot : « Chez Macron, c’est souvent du vent »

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INTERVIEW/VIDEO - Mercredi 28 février, nous avons reçu sur le plateau d’ « A travers champs » Florian Philippot. Ce fut, pour le président des Patriotes, son deuxième jour au Salon International de l’Agriculture. Nos journalistes l’ont interrogé sur son mouvement politique, l’agriculture mais aussi la réforme de la SNCF.

Lundi 26 février, Edouard Philippe a détaillé un programme pour réformer la SNCF. Le Premier ministre a ensuite annoncé mener cette réforme d’envergure à l’aide des ordonnances. « C’est inadmissible qu’on traite par ordonnance ce grand sujet du service public » conteste Florian Philippot sur notre plateau. Chaque jour, des millions de Français utilisent les rails pour se déplacer en France. Alors que le Premier ministre met en avant le problème financier de la SNCF, l’ancien numéro deux du Front National conteste en affirmant que « la SNCF accuse des bénéfices records en 2017 ». La société de transport a doublé son bénéfice entre 2016 et 2017. Les chiffres rendus publics montrent un bénéfice de 33,51 milliards d’euros. Cependant, le fondateur des Patriotes est d’accord sur un point avec le gouvernement : « Il faut quand même réformer les services publics. Mais il faut les moderniser et investir. La SNCF a manqué d’investissement ». Quoi qu’il en soit, Florian Philippot et ses équipes soutiendront le mouvement de grève prévu prochainement. « Les Patriotes est un mouvement qui se veut être aussi sur le terrain ».

Un oubli progressif du Front National

Reproché d’avoir quitté le Front National au moment où le bateau coule, Florian Philippot se défend en affirmant avoir quitté le navire avant que ses idées et ses convictions ne sombrent. Il reproche ainsi au FN d’avoir délaissé la thématique de l’Europe. « Le FN est en recul sur les idées politiques » soutient-t-il. Florian Philippot, qui avait adhéré au parti de l’extrême droite dans l’idée de le rendre un peu plus gaulliste, est extrêmement « déçu » du résultat. « J’ai de la compassion pour les électeurs qui y ont cru » poursuit le fondateur du mouvement des Patriotes. Il tient donc à rappeler qu’il s’ « adresse aux déçus du FN et ceux qui ne votent plus. » Le mouvement n’a que cinq mois d’existence et dénombre presque 7 000 adhérents. Florian Philippot assume sa position « assez minoritaire » concernant l’Union Européenne notamment. Concernant son rôle d’opposant, il se dit « lucide » et pense « [être] sûrement la seule vraie alternative à Macron ». Il participera aux élections européennes l’an prochain. Les résultats seront décisifs pour l'avenir de son mouvement.

L’accord du Mercosur au centre des débats

Depuis quelques jours, l’opinion publique a été informée d’une négociation entre l’Union Européenne et l’Amérique du Sud concernant l’exportation de viandes bovines. « Les agriculteurs sont aujourd’hui inquiets par cet accord. Il s’agit d’une concurrence déloyale. » déplore Florian Philippot. Alors que le Président Macron a tenté de rassurer les agriculteurs, Florian Philippot n’y croit pas du tout. « C’est du vent. Chez Macron, c’est souvent du vent. » rajoute-t-il. Le chef des Patriotes s’inquiète du manque d’implication de la France dans cette négociation. « Macron n’est sûrement même pas au courant de cet accord. » pense Florian Philippot. Et pour argumenter cette déclaration, il met en avant le problème de la monnaie. Selon lui, l’euro est trop fort et ne permet pas une importation ou une exportation des produits français. Pour un échange équitable dans l’agriculture, « la France doit retrouver sa souveraineté nationale » en conclut Florian Philippot.

Photo : Fréquence ESJ / Benjamin Poulin

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