• Accueil
  • Info
  • Politique
  • Indignation de l'UMP contre l'achat d'un hôtel particulier par le conseil régional d'Île de France

Les manifestations anti-Trump s’exportent à Paris

paris-contre-trump-2016-photo-jamila-chafii.png

REPORTAGE - Trois semaines jour pour jour que le peuple américain a choisi son 45ème président, du moins une partie. Samedi 19 novembre, ils étaient encore une centaine à battre le pavé dans les rues de Paris lors d’une manifestation organisée par le comité « Paris against Trump ».

Il fait froid, mais le soleil est au rendez-vous, armées de gants et grosses doudounes, une cinquantaine de personnes se trouvent déjà place Joffre, en face de l’Ecole Militaire de Paris. Les membres du comité sont, eux aussi là, entre dernières préparations et interviews aux journalistes - venus en nombre – ils, ou plutôt elles défendent avec force leur initiative. L’une d’entre elles donne le ton : « honnêtement, on manifeste aujourd’hui juste pour en remettre une couche et dénoncer les positions de Donald Trump, on ne conteste en rien l’élection, on réalise et on admet sa prochaine investiture mais on sait aussi qu’en démocratie ce sont les gens qui ont le pouvoir et on veut montrer que nous sommes nombreux à ne pas être d’accord avec lui. »

L’évènement, lancé sur Facebook une semaine auparavant, promettait au moins un millier de personnes. Forcément ils sont un peu moins nombreux. Majoritairement américains, ils souhaitent, comme leurs concitoyens - qui ont manifesté dans les rues de New York, Los Angeles ou encore Seattle – s’élever contre le président élu. Jennifer, en France depuis six ans accuse le coup : « j’ai juste l’impression que mon pays est en train de s’anéantir, les gens se livrent bataille comme si c’était une guerre civile. Et ce n’est pas qu’aux USA, dans le monde entier, en France aussi, il y a beaucoup trop de haine. » De là à contester le scrutin qui permet au républicain de rejoindre la Maison Blanche alors même qu’il n’a pas reçu le vote populaire, Jennifer n’est pas de cet avis : « en tant qu’américaine, je respecte le résultat, mais je ne respecte pas sa rhétorique qui promeut la haine. » Une fois tout le monde passé au stand de customisation de pancartes avec en fond sonore « We shall overcome » de Joan Baez chantée par une militante, la marche commence.

« Donald Trump has got to go ! »

Alors que le comité promettait de ne pas revendiquer le départ du futur locataire de la Maison Blanche, l’un des premiers slogans surprend. « Donald Trump doit partir ! » Peu sont ceux qui avouent cette envie. Eva, américaine et vénézuélienne l’assume : « je sais qu’il va devenir président mais j’espère juste qu’il se fasse tuer ! », et s’excuse à demi-mot dans la foulée « je sais, c’est un peu violent, mais je n’ai pas du tout confiance en lui. Le problème c’est que je le crois quand il dit qu’il va mettre tout le monde dehors, je sais que ma famille et mes amis sont en danger parce qu’il y en a beaucoup qui n’ont pas de papiers mais qui travaillent très dur et qui méritent d’être aux Etats-Unis. »  La manifestation, qui se veut fédératrice, a d’ailleurs comme slogans phares : « première, deuxième, troisième génération, nous sommes tous des enfants d’immigrés ! ».

Mais tout le monde ne partage pas cette opinion, fervent supporter de Trump et pas pro-immigration, un homme surgit,  alors même que le cortège n’a défilé que quelques mètres. Muni de sa casquette et son T-Shirt « Trump/Pence », il est vite secouru par les CRS après avoir été menacé par un groupuscule d’extrême gauche, présent dans la marche mais - selon les organisateurs - non affilié au « Paris contre Trump ». Les dissidents ne feront d’ailleurs pas long feu, après avoir tenté maintes fois et vainement de scander des slogans antifascistes, ils disparaissent aux abords de la Tour Eiffel.

Pas réellement "Paris contre Trump" mais plutôt "les américains de Paris contre Trump", l’évènement a tout de même amené quelques français, souvent jeunes et militants de gauche qui, eux aussi, dénoncent le scrutin. La journée se termine place du Trocadéro en musique, toujours le même refrain : « montrer que nous ne sommes pas d’accord avec les propos misogynes, homophobes, islamophobes et racistes du président Donald Trump ».

Photo Fréquence ESJ/Jamila CHAFII

Derniers articles

Dernières vidéos